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Pensées d'auteurs

Sera comblé celui pour qui l'espace ne sera pas dehors. Guillevic

Ton devoir réel est de sauver ton rêve. Amadéo Modigliani

J'en appelle à la beauté qui sera front d'espoir. Abdellatif Laabi

Lorsque je suis le plus profondément moi-même, je rejoins une communauté oubliée. Eugène Ionesco

L'histoire de notre vie fut aussi ce murmure furieux qu'on oublie à la croisée de l'arbre et du fleuve. Luis Mizon

L'innocence est plus forte que le mal. (?)

Je mangerai la terre et les racines, j'avancerai sur le ventre, lombric humain. J'ai une telle faim des éléments du simple. Daniel Biga

On ne naît pas homme, on le devient. Erasme

Pour maintenir à bout de bras cette contrée de nuit où le chemin se perd, à bout de forces, une parole nue. Jacques Dupin

Quel que soit ce que vous devez faire ou rêvez de faire, commencez-le... L'audace contient du génie, du pouvoir et de la magie. Goethe

J'ai voulu sortir pour voir ce qu'étaient devenus l'air et le ciel dès l'instant où un poète avait nommé un autre poète. Boris Pasternak à propos de Marina Tsvetäeva

Images aléatoires

Lundi 27 avril 2009 1 27 /04 /2009 19:53
Le vent au fond des yeux
promet des heures claires.

Et je veux me marier
à la voix rocailleuse
de ces jours égarés
dans le pli des feuillages.

Serré tout contre moi,
l'air me fait don
des odeurs en crue du poème.

Offrande sans âge.

Nous sommes le lieu
où s'attendrissent les seuils,
où vient boire la louve.

Nous sommes le lieu de l'attente,
le désir pèse sur nos branches.

Mots, dites-nous où finit le paysage,
ce qu'il faut savoir quitter
pour que la mer coule entre nos hanches.
Par Brigitte Broc
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Dimanche 29 mars 2009 7 29 /03 /2009 20:17
A l'angle de la nuit
il est une porte.

Nuit déferlante,
porte chargée de siècles.

La nuit qui nous aimait
nous rend les ombres,
la semence des mots,
l'inaltérable présence.

Et la bête s'en va.

Où les cris ?
Où les fiançailles ?

La nuit est à vif,
la question
posée sur le rebord du monde.

Réponse blanche,
et ce chant
qui s'étire vers le haut.

Attisant la patience.

Vois la porte.

Là-bas, l'été.
Par Brigitte Broc
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Lundi 23 mars 2009 1 23 /03 /2009 19:06

Il est tôt maintenant,
la page n'a pas encore été écrite.

Les virgules, la marge
dansent dans l'air,
bourgeons incandescents.

Les mots, insalubres,
n'ont pas trouvé le souffle.

Y aura-t-il une parole,
une seule,
capable de trouer la paroi ?

Break the waves

Ce grand corps
que je sens, parfois,
se coucher contre moi,
est-il langage, souffrance
ou feuillage ?

Ses contours effacent
tout le reste,
ciel et chemin.

Break the waves

Ciel et chemin, confondus.

Je me tiens au début.

Saurai-je habiter le sang
qu'on m'a prêté,
faire miennes
cette chair qui s'étonne,
cette clarté qui me précède ?

Saurai-je tressaillir
et ne rien prendre ?

Break the waves

Je vivrai n'importe où,
dans mon corps,
dans un autre,
pourvu que je sois femme.

Le jardin, et les mots,
la pluie,
j'en accoucherai
chaque jour.

L'amour sera ma vérité.

 

Par Brigitte Broc
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Lundi 16 mars 2009 1 16 /03 /2009 14:45
Terre labourée
vers laquelle
les paumes se tendent

Terre de la page
où les mots s'enracinent

Dans la moiteur des lignes
s'ébrouent les astres

Derrière ton visage
poussent des immortelles
et la fleur des voyelles

Il faudra arroser
pour déjouer la nuit

Il faudra aussi
planter un chemin
pour ne pas se perdre
entre deux silences

Il n'y aura pas de fin à ce chemin,
seulement ton rire
qui se pavane,
et la terre désoeuvrée
qui attend le poème
Par Brigitte Broc
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Mardi 10 mars 2009 2 10 /03 /2009 16:48

J'ai cherché,
au nord, au sud,
sous l'écorce du chêne,
sur les tréteaux du vent

J'ai lancé
à la face de la page
la parole infranchissable,
ses racines d'oraison

J'ai dressé
vers le ciel sans concession
mes mots ensanglantés,
j'ai ouvert les bras,
fermé les guillemets,
puis j'ai recouvert d'orages
la tiédeur du langage,
prié le désert pour qu'il passe
plus loin de ma peau

J'ai semé des paroles
tout au long du silence,
traversé le sommeil,
renversé les titans, les démons,
les tyrans

J'ai aimé l'arbre, là-bas,
sous la neige,
les récidives de l'aube,
les complots de la beauté

 

J'ai aimé

Par Brigitte Broc
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