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Pensées d'auteurs

Sera comblé celui pour qui l'espace ne sera pas dehors. Guillevic

Ton devoir réel est de sauver ton rêve. Amadéo Modigliani

J'en appelle à la beauté qui sera front d'espoir. Abdellatif Laabi

Lorsque je suis le plus profondément moi-même, je rejoins une communauté oubliée. Eugène Ionesco

L'histoire de notre vie fut aussi ce murmure furieux qu'on oublie à la croisée de l'arbre et du fleuve. Luis Mizon

L'innocence est plus forte que le mal. (?)

Je mangerai la terre et les racines, j'avancerai sur le ventre, lombric humain. J'ai une telle faim des éléments du simple. Daniel Biga

On ne naît pas homme, on le devient. Erasme

Pour maintenir à bout de bras cette contrée de nuit où le chemin se perd, à bout de forces, une parole nue. Jacques Dupin

Quel que soit ce que vous devez faire ou rêvez de faire, commencez-le... L'audace contient du génie, du pouvoir et de la magie. Goethe

J'ai voulu sortir pour voir ce qu'étaient devenus l'air et le ciel dès l'instant où un poète avait nommé un autre poète. Boris Pasternak à propos de Marina Tsvetäeva

Images aléatoires

Mercredi 25 février 2009 3 25 /02 /2009 10:33

Les vieux jardins ignorent l'éloquence.

Pour partir en voyage
ils enterrent les reproches,
les recouvrent de cendres.

La nuit part devant,
sans amer,
sans ancrage.

Quand la tourbe se creuse,
pubis de mousses et d'héliotropes,

que dire des orages

qui voulaient faire escale

et immolent, soudain,

un peu de leur violence ?

 

Les pierres atrophiées

dans des gorges trop sèches,

les branches taciturnes

sur les corps qui s'esquivent,

les vocables, décousus,

qui pendent, en lambeaux,

les fissures, les gerçures,

les craquelures, les ratures,

les boursouflures,

 

comment défriper les bouches qui se tordent ?

Las et touffus,
ils s'appuient à l'épaule
d'une brûlure,
d'une femme.

Dans le miroir jauni
refleurit une brèche.

Le mensonge s'efface,
le gouffre est contourné.

Par Brigitte Broc
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Lundi 9 février 2009 1 09 /02 /2009 13:47

Je tracerai
dans l'eau de tes yeux
des sentiers de printemps
bordés de tonnelles,
de loriots et de trèfles.

A l'heure
où naissent les ruisseaux,
j'effeuillerai le vent,
tisserai de grenat
ses murmures de perle.

Les étoiles tombées
au fond de tes prunelles
berceront le soir
de cils et de dentelles.

 

J'ouvrirai tes matins

sur des ciels de bruyère

où voguent des ormeaux

en habits d'aubépine.

 

Je ferai, de tes mots,

du sable avec la neige,
il pleuvra des comètes
jusque dans l'encrier.

Aimeras-tu
le souffle des marées
sur tes joues ?

 

Il est des quatrains
où on aime plonger
à fleur d'âme
pour se couvrir de clarté.

Quand je cueillerai tes mains
au bord du silence,
je serai à genoux
et en pleine lumière.

Par Brigitte Broc
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Samedi 31 janvier 2009 6 31 /01 /2009 17:41

Je sais l'heure
où la nuit éclate
ses fruits trop mûrs.

Sous la porte
qui mène au jardin d'infinitude
coulent nos mains.

Le chemin pleure
la perte des visages,
franchit ton seuil
pour allumer la source.

Passés les écueils des poussières
tapies sous nos langues,
la saveur ocre du silence
roule ses limons
entre les touffes de thym,
la sauge
et l'oeuf de mes hanches.

Biseautée
au tranchant de la faim,
ta bouche invente la rivière
et ses genoux lactés.

Faire un détour par la mer
et sa béance en feu,
y puiser l'eau du ciel
promise à tes yeux.

A l'heure où la nuit
éclate ses fruits trop mûrs,
fourmillent les lointains
en toute démesure.

Par Brigitte Broc
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Lundi 12 janvier 2009 1 12 /01 /2009 16:31

Dans le puits
la vieille femme
a jeté ses derniers regrets.

Sur la fragilité du soir
elle ramène ses lourdes jupes noires.

Déjà transparente
pour l'herbe à venir,
elle tresse ses larmes
et les offre à la pluie.

Elle aimerait
moissonner la cendre,
ouvrir encore ses bras
au soleil d'un enfant.

Elle aimerait
s'allonger à côté de ses rides,

retrouver, dans chaque flétrissure,
les flaques d'azur
et les saisons brûlantes.

Elle aimerait ne plus tarir.

Sous le fichu de laine,
tout contre la chair grise,
est venue s'échouer
la plus verte des vagues.

La vieille femme
tient, enfoui dans ses yeux,
le galet mouillé
que la mer a laissé.

 

Par Brigitte Broc
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Lundi 29 décembre 2008 1 29 /12 /2008 17:45

Il raille le fleuve
de courir vers la mer,
préfère la lenteur
qui borde le ciel blanc.

Il a tout dit,
du déferlement,
de la luxuriance,
du geste qui ferme la pluie.

 

Au commencement
son horizon a creusé le ventre
pour que puissent y dormir
la terre oubliée
et le bleu de nos pleurs.

On entend sur sa peau
craquer toutes les branches,
au versant de son dos
poussent des musiques
que rien ne dissout.

Combien d'aubes
a-t-il réchauffées ?
Combien de regards
harassés et fragiles ?

Le plus pur de nos voix
parcourt sa neige.

C'est une longue marche.

Et l'obscur en nous vacille.


Par Brigitte Broc
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