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Pensées d'auteurs

Sera comblé celui pour qui l'espace ne sera pas dehors. Guillevic

Ton devoir réel est de sauver ton rêve. Amadéo Modigliani

J'en appelle à la beauté qui sera front d'espoir. Abdellatif Laabi

Lorsque je suis le plus profondément moi-même, je rejoins une communauté oubliée. Eugène Ionesco

L'histoire de notre vie fut aussi ce murmure furieux qu'on oublie à la croisée de l'arbre et du fleuve. Luis Mizon

L'innocence est plus forte que le mal. (?)

Je mangerai la terre et les racines, j'avancerai sur le ventre, lombric humain. J'ai une telle faim des éléments du simple. Daniel Biga

On ne naît pas homme, on le devient. Erasme

Pour maintenir à bout de bras cette contrée de nuit où le chemin se perd, à bout de forces, une parole nue. Jacques Dupin

Quel que soit ce que vous devez faire ou rêvez de faire, commencez-le... L'audace contient du génie, du pouvoir et de la magie. Goethe

J'ai voulu sortir pour voir ce qu'étaient devenus l'air et le ciel dès l'instant où un poète avait nommé un autre poète. Boris Pasternak à propos de Marina Tsvetäeva

Images aléatoires

Samedi 20 décembre 2008 6 20 /12 /2008 15:44
Mon père parle.

A petits mots, frottés de ciel,
il trace la route
qui conduit aux ancêtres.

L'escortent ses mains,
vieilles et noueuses.

Elles défrichent,
ouvrent des brèches
dans le mur du temps.

Là, derrière ces façades,
il y a des gestes pauvres,
la sueur quotidienne,
le pain rare.

Là-bas, au détour d'un labour,
des ongles pleins de terre,
un dos qui n'en peut plus
et se voûte encore
sous le poids du soleil.

Il avance,
déterre un rire d'enfant,
le pas lourd d'un cheval,
des sabots pleins de paille.

Mon père parle.

Il prend les peurs,
les joies, les espoirs,
les pose sur la table,
entre le verre et l'assiette fleurie.

Mon père parle.

Le silence se tait.
Par Brigitte Broc
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Vendredi 19 décembre 2008 5 19 /12 /2008 17:54
Elle dansait sur l'écriture
celle qui sait
les connivences du verger.

Elle dansait,
farouche et pure.

A-t-elle reconnu
ton regard dans le fossile,
ton pas dans le poème ?

Sous l'odeur brune des mousses
elle a caché des mots,
s'en est retournée
au début de l'histoire.

Il était une fois...

Il était une fois un lieu, une parole.
Un lieu par où était entrée la parole.

Rien ne séparait
la parole de la chair.

Elle se tenait
entre l'aile et la floraison
et les vieilles chrysalides
lui rendaient tes mains.

Ce qui battait en elle
était le coeur des mots.

Elle dansait sur l'écriture,
farouche et pure.
Par Brigitte Broc
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Mardi 16 décembre 2008 2 16 /12 /2008 21:03

Attendre sous les fleurs
qu'une promesse passe.
Lui ouvrir sa chemise
pour qu'elle suce un sein.

Dans le ventre chaud
où poussent les roseaux,
je glisserai ta main.

Tu sauras le pourquoi
du roseau,
de mon ventre.

Et puis un bouquet se fera.

Il apprendra le suc
de chaque graminée,
inventera des gestes
pour le bleu qui frémit
et le blanc de ton cri.

Au crépuscule,
quand l'air reprend son souffle,
tous les désirs convergent
au même carrefour.

Entre moiteur et sortilège
se lèveront les portes.

Couverte de fruits mûrs,
ta peau se gorgera
de liquides opalins.

Surtout ne dis rien.

Répands de la myrrhe
à l'ombre des colonnes
pour remercier la vie
de ses graines de joie.

Par Brigitte Broc
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Dimanche 23 novembre 2008 7 23 /11 /2008 11:01

Brume sur le fleuve,

odeur lourde

des berges détrempées,

la page est blanche.

 

L'arbre silencieux

aime le corps de l'hiver,

tisonne les cendres du ciel.

 

Battement de paupières,

langueur de préhistoire,

toi et la neige

dans le matin.

 

Que dit le temps ?

Que dit la neige ?

 

Par l'aubier qui distille

ses joies de météores,

par ce recueil de mer

qui s'écrit à la source,

je retourne au silex de ta voix.

 

Lèvre à lèvre avec la lumière,

la page respire.

 

Au-delà de nos ruines

l'éphémère prend feu.

 

Parle bas.

 

Ecoute ce vent qui se lève

et te couche sur moi

comme une pluie d'été.

 

Ecoute.

C'est l'infini qui marche

sur la pointe des pieds.

Par Brigitte Broc
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Dimanche 9 novembre 2008 7 09 /11 /2008 11:21

En frôlant l'insaisissable
le poème se découvre une chair.

Apparemment
des fragments de déluge
irriguent ce lieu,
dénudant les artifices.

Tout près de la peau
elle écrit sa vivance,
rameute les branches,
les mots qui s'effaçaient.

Penchée à la fenêtre,
elle voit passer
quelques notes,
une parole fringante
habillée de vert.

Elle remise ses doutes.

Bientôt l'éclaircie
lui sera rendue.

Assis à son épaule,
un autre soleil témoigne.

 

 

Par Brigitte Broc
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