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  • : Fileuse de lune
  • Fileuse de lune
  • : Cueillir une parole, rouge ou ténue, violente ou fragile, comme on cueille un visage, le soir, au bord de l'amour
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Pensées d'auteurs

Sera comblé celui pour qui l'espace ne sera pas dehors. Guillevic

Ton devoir réel est de sauver ton rêve. Amadéo Modigliani

J'en appelle à la beauté qui sera front d'espoir. Abdellatif Laabi

Lorsque je suis le plus profondément moi-même, je rejoins une communauté oubliée. Eugène Ionesco

L'histoire de notre vie fut aussi ce murmure furieux qu'on oublie à la croisée de l'arbre et du fleuve. Luis Mizon

L'innocence est plus forte que le mal. (?)

Je mangerai la terre et les racines, j'avancerai sur le ventre, lombric humain. J'ai une telle faim des éléments du simple. Daniel Biga

On ne naît pas homme, on le devient. Erasme

Pour maintenir à bout de bras cette contrée de nuit où le chemin se perd, à bout de forces, une parole nue. Jacques Dupin

Quel que soit ce que vous devez faire ou rêvez de faire, commencez-le... L'audace contient du génie, du pouvoir et de la magie. Goethe

J'ai voulu sortir pour voir ce qu'étaient devenus l'air et le ciel dès l'instant où un poète avait nommé un autre poète. Boris Pasternak à propos de Marina Tsvetäeva

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12 janvier 2009 1 12 /01 /janvier /2009 16:31

Dans le puits
la vieille femme
a jeté ses derniers regrets.

Sur la fragilité du soir
elle ramène ses lourdes jupes noires.

Déjà transparente
pour l'herbe à venir,
elle tresse ses larmes
et les offre à la pluie.

Elle aimerait
moissonner la cendre,
ouvrir encore ses bras
au soleil d'un enfant.

Elle aimerait
s'allonger à côté de ses rides,

retrouver, dans chaque flétrissure,
les flaques d'azur
et les saisons brûlantes.

Elle aimerait ne plus tarir.

Sous le fichu de laine,
tout contre la chair grise,
est venue s'échouer
la plus verte des vagues.

La vieille femme
tient, enfoui dans ses yeux,
le galet mouillé
que la mer a laissé.

 

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Published by Brigitte Broc
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commentaires

Pierre+Mayer-Dantec 07/05/2009 23:55

Que peut un poète opposer à la mélancolie sourde, mieux qu’une musique douce, des visions donatrices encore, une intelligence de la vie, une acceptation de la fin, une révérence à l’ordre cosmique ? Oh ! Que ce poème me rend captif, à faire surgir si indéniable la femme que son grand âge courbe, que ses vêtements alourdissent, celle qui ayant perdu ses attraits s’apprête à quitter le monde, avec une fois encore ce sens de l’offrande dernière qui tient Brigitte Broc chevillée. Et ce poème sèche-gorge est tout ensemble nostalgie crue qui taille à vif dans l’âme hors d’âge, et délicatesse ornée.
 
Trop rares se font les poèmes où un personnage se lève, vit et s’avance, et que l’on croit : ici cette femme fait évidence, c’est la grand-mère universelle, l’archétype qui se lève et vient frotter nos âmes soucieuses et nous rappeler vivement, avec une noblesse sobre, notre implacable destinée. Mais sur cette tragédie sourde, Brigitte pose son espérance, et voici qu’en une métaphore sur laquelle j’aimerais discourir, tant elle allie certaine beauté mystique à une cruauté de vieillure, la femme que la vie a burinée s’en vient rejoindre le cosmos. Et sous le voile de cataracte que la métaphore suggère, en plein cœur du cristallin dur, revient l’éternité mousseuse de la mer roulant à jamais ses galets.
Et ce qu’il faut d’intelligence, de regard proche et profond, de dignité généreuse, pour offrir un tel poème, cela me saute à moi dans l’âme et ne veut plus me quitter.
Et au sens réconfortant que ce terme parfois révèle, un poème religieux hanté d’animisme doux. Une merveille qui serre le cœur pour ne plus le lâcher jamais.

gmc 23/01/2009 07:46

ce n'est pas certain qu'il soit triste, c'est l'emploi du conditionnel qui génère cette impression - subjective - de regret, ou plutôt de léger doute.

unevilleunpoeme 17/01/2009 11:46

Bien triste poème au fond du puits...

Brigitte Broc 15/01/2009 21:03

Pas de problème, Sedna. Vous pouvez publier sur votre blog les deux textes que vous me demandez.  A bientôt. 

Sedna 14/01/2009 19:36

o vieillesse ennemie.... la regarder du dedans et la contempler en dehors. j'aime beaucoup. Puis-je publier ce texte ainsi que"les lilas vont mourir" sur mon blog ?