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  • : Fileuse de lune
  • Fileuse de lune
  • : Cueillir une parole, rouge ou ténue, violente ou fragile, comme on cueille un visage, le soir, au bord de l'amour
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Pensées d'auteurs

Sera comblé celui pour qui l'espace ne sera pas dehors. Guillevic

Ton devoir réel est de sauver ton rêve. Amadéo Modigliani

J'en appelle à la beauté qui sera front d'espoir. Abdellatif Laabi

Lorsque je suis le plus profondément moi-même, je rejoins une communauté oubliée. Eugène Ionesco

L'histoire de notre vie fut aussi ce murmure furieux qu'on oublie à la croisée de l'arbre et du fleuve. Luis Mizon

L'innocence est plus forte que le mal. (?)

Je mangerai la terre et les racines, j'avancerai sur le ventre, lombric humain. J'ai une telle faim des éléments du simple. Daniel Biga

On ne naît pas homme, on le devient. Erasme

Pour maintenir à bout de bras cette contrée de nuit où le chemin se perd, à bout de forces, une parole nue. Jacques Dupin

Quel que soit ce que vous devez faire ou rêvez de faire, commencez-le... L'audace contient du génie, du pouvoir et de la magie. Goethe

J'ai voulu sortir pour voir ce qu'étaient devenus l'air et le ciel dès l'instant où un poète avait nommé un autre poète. Boris Pasternak à propos de Marina Tsvetäeva

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9 février 2009 1 09 /02 /février /2009 13:47

Je tracerai
dans l'eau de tes yeux
des sentiers de printemps
bordés de tonnelles,
de loriots et de trèfles.

A l'heure
où naissent les ruisseaux,
j'effeuillerai le vent,
tisserai de grenat
ses murmures de perle.

Les étoiles tombées
au fond de tes prunelles
berceront le soir
de cils et de dentelles.

 

J'ouvrirai tes matins

sur des ciels de bruyère

où voguent des ormeaux

en habits d'aubépine.

 

Je ferai, de tes mots,

du sable avec la neige,
il pleuvra des comètes
jusque dans l'encrier.

Aimeras-tu
le souffle des marées
sur tes joues ?

 

Il est des quatrains
où on aime plonger
à fleur d'âme
pour se couvrir de clarté.

Quand je cueillerai tes mains
au bord du silence,
je serai à genoux
et en pleine lumière.

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Published by Brigitte Broc
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commentaires

Pierre+Mayer-Dantec 18/05/2009 00:23

Je ne saurais l’affirmer, mais une chose me semble rare : qu’une femme choisisse l’arc de la poésie pour atteindre et cibler le monde. Plus rare encore chez les poétesses, cette inclination à la mystique amoureuse, sans qu’à aucun moment elle ne verse dans la liquéfaction de l’autre ou de soi-même… Non, Brigitte BROC est d’une autre trempe, elle refonde pour celui que son regard caresse en contemplation active, une géographie paysagère. Pourtant cela ne lui suffit guère. Alors elle en vient aux éléments, elle en appelle au cosmos. C’est qu’à l’amour qui la tient, ce géant qui s’enlace à elle, et l’emporte en visons, en songes ardents, et même en esprit de prière, il faut trouver au cœur du cosmos un répondant d’envergure. Comme si le sentiment qui la nourrissait en la fécondant se refusait à coller à la terre, comme si aussi quelque fragilité secrète le menaçait au sein même de sa perfection.
Mais Brigitte a souvent un apaisement dernier : son écriture, toute tendue vers l’Infini qu’elle regarde, – tandis que Lui certainement la voit – au final encore se détend. Ainsi, de cet accord ultime entre le vœu et la réponse du monde, le poème peut se poser, le monde peut jouer silence : le sacré est advenu. Et la femme chevaleresque prête à tant de choses pour son penchant, invente un incroyable quatrain final, où tout ensemble, après avoir fait couler l’amour d’un bout à l’autre du poème, elle se laisse adouber en une pose mystique, alors qu’elle-même a tout offert, et s’est donnée sans compter pour que son amour inonde le ciel, qu’il surpasse l’épreuve du temps et se conjugue aux éléments. Ce qui en poésie médiévale incombait au chevalier.
Enfin, une femme chevaleresque, une poétesse chevalier.
17 mai 2009

S.Maisonnier 23/03/2009 22:49

Le thème est tellement ressassé qu'il faut, comme ici, des prouesses d'élégance et de délicatesse.j'ouvrirai tes matinssur des ciels de bruyèreoù voguent des ormeauxen habits d'aubépine.C'est passionnément beau et si fin ! Je craque !

Brigitte Broc 11/02/2009 20:14

Merci, Sedna et Pascal, de votre passage. Je suis un peu en avance sur le printemps, mais qu'à cela ne tienne...!

Sedna 10/02/2009 18:54

A fleur de peau, affleure votre printemps. Qu'il est bon de le respirer dans votre regard étoilé.

Djemaa Pascal 09/02/2009 22:02

Bonsoir, je te remercie de ton commentaire! Bis, Pascal.