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  • : Fileuse de lune
  • Fileuse de lune
  • : Cueillir une parole, rouge ou ténue, violente ou fragile, comme on cueille un visage, le soir, au bord de l'amour
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Pensées d'auteurs

Sera comblé celui pour qui l'espace ne sera pas dehors. Guillevic

Ton devoir réel est de sauver ton rêve. Amadéo Modigliani

J'en appelle à la beauté qui sera front d'espoir. Abdellatif Laabi

Lorsque je suis le plus profondément moi-même, je rejoins une communauté oubliée. Eugène Ionesco

L'histoire de notre vie fut aussi ce murmure furieux qu'on oublie à la croisée de l'arbre et du fleuve. Luis Mizon

L'innocence est plus forte que le mal. (?)

Je mangerai la terre et les racines, j'avancerai sur le ventre, lombric humain. J'ai une telle faim des éléments du simple. Daniel Biga

On ne naît pas homme, on le devient. Erasme

Pour maintenir à bout de bras cette contrée de nuit où le chemin se perd, à bout de forces, une parole nue. Jacques Dupin

Quel que soit ce que vous devez faire ou rêvez de faire, commencez-le... L'audace contient du génie, du pouvoir et de la magie. Goethe

J'ai voulu sortir pour voir ce qu'étaient devenus l'air et le ciel dès l'instant où un poète avait nommé un autre poète. Boris Pasternak à propos de Marina Tsvetäeva

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23 mars 2009 1 23 /03 /mars /2009 19:06

Il est tôt maintenant,
la page n'a pas encore été écrite.

Les virgules, la marge
dansent dans l'air,
bourgeons incandescents.

Les mots, insalubres,
n'ont pas trouvé le souffle.

Y aura-t-il une parole,
une seule,
capable de trouer la paroi ?

Break the waves

Ce grand corps
que je sens, parfois,
se coucher contre moi,
est-il langage, souffrance
ou feuillage ?

Ses contours effacent
tout le reste,
ciel et chemin.

Break the waves

Ciel et chemin, confondus.

Je me tiens au début.

Saurai-je habiter le sang
qu'on m'a prêté,
faire miennes
cette chair qui s'étonne,
cette clarté qui me précède ?

Saurai-je tressaillir
et ne rien prendre ?

Break the waves

Je vivrai n'importe où,
dans mon corps,
dans un autre,
pourvu que je sois femme.

Le jardin, et les mots,
la pluie,
j'en accoucherai
chaque jour.

L'amour sera ma vérité.

 

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Published by Brigitte Broc
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Pierre+Mayer-Dantec 09/05/2009 15:27

Mais votre vérité, madame, est avec vous à tout instant. Sinon vous ne seriez pas poète. Car c’est là une condition. Votre vérité, sans cesse coule et chemine en vos poèmes, elle est questionnement incessant, timidité incrédule, ombre sous le soleil du monde, jusqu’à ce que par un tour de force vous fassiez à votre tour surgir le soleil des formules, jaillir le suc des métaphores.
Et ici ce que j’aime, par-dessus tout et qui me tient, c’est justement ce questionnement, métaphysique et tournoyant, et qui doit vous vriller entière. Ainsi, à ceux qui ne le savent pas, vous pourriez apprendre ceci, que la poésie parfois partage avec la philosophie, cet art de poser les questions et de se suspendre à leur fil, quitte ensuite à ce que le lecteur se laisse tenter par elles, je dirais même arpenter par elles. Car la poésie n’est pas là pour répondre au mystère de vivre, mais pour semer d’autres mystères, pour essaimer d’autres abeilles, avec sur leurs ailes translucides le duvet de suggestions douces.
Ainsi les seules paroles capables de percer les murs sont celles de votre vérité, de votre attente courageuse, de votre sérénité gagnée et conquise sur la banquise, banquise des conventions, des humains qui perdent passion comme on dit que l’on perd pied.
Oui, comment ne pas être touché par ce regard métaphysique, lors même qu’il retrouve cette fraîcheur tiède des questions d’enfants curieux.
Mais ici vous allez plus loin, en une quête essentielle : et vous voilà suspendue entre un désir de vous rejoindre, en une unité enfin capiteuse, et cette tentation de se dissoudre, du moins de se déprendre de tout.
Ah ! Durant tout ce poème, vous avez ouvert les questions, vous avez effeuillé le mental. Et jamais nulle réponse. Alors, que faire d’autre comme vous le faites que de s’assoupir, mais légère et déterminée, et ramener tout cela à l’amour et aux multiples passions de ces femmes, qui, cherchant vie dans le poème, n’en demeurent pas moins femmes et en expriment une essence en même temps que cet enracinement charnel..
Quant au refrain, « Break the waves », il vient un peu pour m'intriguer, même si vous avez voulu je le crois, que ce souffle libère enfin la réponse. Car briser les ondes et les vagues, cela ne vaut que pour les mauvaises. C’est la vague qui s’emporte, charriant les âmes lumineuses et les passions altières, qu’il ne faut surtout pas stopper. Mais peut-être est-ce simplement, en votre âme si sensible, une réminiscence du grand film de Lars Von Trier, qui se sera frayé un chemin jusqu'à vous au moment de l'écriture?... Vous êtes en droit de me répondre, comme de garder votre secret.

Brigitte Broc 29/03/2009 20:14

Vaste programme... Brigitte

Diane Meunier 26/03/2009 17:23

Il n'y a pas de Véritéil n'y a pas d'Amouril n'y a pas de Senspas de Raisonil n'y a rien de beaurien d'horribleil n'y a pas de But pas de Finpas d'Intelligencepas de Grand Dessein...Rien de rienil n'y a rienrien de rienRien Rien Rien...que nos rêves et nos désirs...et nos souffrances...et...la poésie et... le Néant...Quel soulagement!Diane

Brigitte Broc 24/03/2009 18:10

Décidément, Sedna, vos mots sont poésie...! Je suis heureuse que vous trouviez une unité entre corps et esprit, c'est tellement ce vers quoi j'essaie de tendre, de tendre, inlassablement. Amitiés.

Sedna 24/03/2009 17:28

Dans le ciel de votre écriture, les vagues de poésie trouvent le chemin pour habiter vos doigts bleus.. alors, esprit et corps ne font plus qu'un abécédaire que nous avons tant de plaisir à observer.. SED