Bienvenue sur le blog de Brigitte Broc| Novembre 2009 | ||||||||||
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Sera comblé celui pour qui l'espace ne sera pas dehors. Guillevic
Ton devoir réel est de sauver ton rêve. Amadéo Modigliani
J'en appelle à la beauté qui sera front d'espoir. Abdellatif Laabi
Lorsque je suis le plus profondément moi-même, je rejoins une communauté oubliée. Eugène Ionesco
L'histoire de notre vie fut aussi ce murmure furieux qu'on oublie à la croisée de l'arbre et du fleuve. Luis Mizon
L'innocence est plus forte que le mal. (?)
Je mangerai la terre et les racines, j'avancerai sur le ventre, lombric humain. J'ai une telle faim des éléments du simple. Daniel Biga
On ne naît pas homme, on le devient. Erasme
Pour maintenir à bout de bras cette contrée de nuit où le chemin se perd, à bout de forces, une parole nue. Jacques Dupin
Quel que soit ce que vous devez faire ou rêvez de faire, commencez-le... L'audace contient du génie, du pouvoir et de la magie. Goethe
J'ai voulu sortir pour voir ce qu'étaient devenus l'air et le ciel dès l'instant où un poète avait nommé un autre poète. Boris Pasternak à propos de Marina Tsvetäeva
Nous marchions en de vastes forêts.
L'air, vibrant et doux, crissait sous nos dents et dans nos bouches gourmandes installait sa demeure.
Tapi sous les frondaisons, l'été ronronnait. A sa ceinture, quelques javelles, et un caillou, pour la soif.
Sans doute de frêles aurores nous avaient-elles précédés, abandonnant, ici et là, un soupçon d'origan.
L'écriture naissait à chacun de nos pas, soulevant la croûte de sel.
Prestance des signes aux contours affermis. Le blé a levé qui a désappris l'ivraie.
Aux meules du soleil s'affinait la pâte odorante des mots.
Il faisait clair dans chaque tige, dans chaque syllabe.
Le vantail de la nuit avait enfin cédé,libérant flûtes et cymbales.
Combien de margelles avait-elle usées, cette eau arrogante qui venait on ne savait d'où, déployant ses tessons dans le creux de nos paumes, nous forçant à la lenteur et à l'humilité ?
Jusque dans la moindre brindille se hissait la force nue.
Et l'oiseau tournait, tout là-haut, au mitan de la page.
Allions-nous lui confier nos initiales sylvestres, l'âpreté de nos mains convalescentes ?
Enjôleuse, une voix nous incitait à plus de sollicitude : " Ne jamais oublier l'ample séjour du vent, là où se font et se défont les trombes claires du sang. "
Et nous, de repriser, sous l'oeil attentif des fougères, les ailes délabrées, les paroles vétustes et de rendre au matin sa partition immaculée.
C'est ainsi que nous devrions, dans la fraîche ordonnance du tilleul, donner la parole à l'autre : à la colline qui s'impatiente, à l'arbre qui passe...au ciel qui peut s'indifférer.
Nous marchions en de vastes forêts, ébréchant, à chacun de nos pas, un peu plus de silence.
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