Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Présentation

  • : Fileuse de lune
  • Fileuse de lune
  • : Cueillir une parole, rouge ou ténue, violente ou fragile, comme on cueille un visage, le soir, au bord de l'amour
  • Contact

Pensées d'auteurs

Sera comblé celui pour qui l'espace ne sera pas dehors. Guillevic

Ton devoir réel est de sauver ton rêve. Amadéo Modigliani

J'en appelle à la beauté qui sera front d'espoir. Abdellatif Laabi

Lorsque je suis le plus profondément moi-même, je rejoins une communauté oubliée. Eugène Ionesco

L'histoire de notre vie fut aussi ce murmure furieux qu'on oublie à la croisée de l'arbre et du fleuve. Luis Mizon

L'innocence est plus forte que le mal. (?)

Je mangerai la terre et les racines, j'avancerai sur le ventre, lombric humain. J'ai une telle faim des éléments du simple. Daniel Biga

On ne naît pas homme, on le devient. Erasme

Pour maintenir à bout de bras cette contrée de nuit où le chemin se perd, à bout de forces, une parole nue. Jacques Dupin

Quel que soit ce que vous devez faire ou rêvez de faire, commencez-le... L'audace contient du génie, du pouvoir et de la magie. Goethe

J'ai voulu sortir pour voir ce qu'étaient devenus l'air et le ciel dès l'instant où un poète avait nommé un autre poète. Boris Pasternak à propos de Marina Tsvetäeva

Archives

Articles Récents

Catégories

28 janvier 2007 7 28 /01 /janvier /2007 11:00

Le désir fou d'être là,

A remonter sur ta nuque

L'épais drap de mer,

A lire, à rebours,

Ton cadastre d'écume.

 

Le temps est si lent

Qui trace sur ton dos

Son abécédaire de vent.

 

Le temps est si lent

Que poussent sous ses doigts

La fleur de l'oranger,

Une langue commune,

Une promesse de ciel

Pour les oiseaux.

 

Vaste papyrus, la mer,

Sans cesse,

Dessine ses rouleaux,

Dépoussière les langues,

Déroule bras et nageoires.

 

Cellules, tourbe, sable,

Sel, sang, oeillets pourpres,

Se frottent et s'épousent.

La caresse remonte le courant,

Chaque écaille, chaque vague

Lues.

 

C'est comme si,

Annulant les distances,

Tout s'embrassait d'un coup :

L'air immense,

Le murmure des chrysalides,

Les cohortes d'algues

Et de vertèbres.

 

Substances imparfaites,

Indices flous,

Ce qui marche dans la mer

Allume les étoiles.

 

Les pôles exhument

Leurs vieilles neiges,

Attèlent glaces et fossiles

Aux abruptes parois du ciel.

 

Les saisons rangent leurs fruits,

S'habillent de neuf,

Prophétisent la modestie

De l'arbre.

 

La pluie aura cent mille ans

Et c'est elle qui, chaque jour,

Abrite l'étreinte,

Lève des nuées de jardins.

 

Plus qu'un passage,

C'est un gîte, ici,

Qui se souvient.

 

Il connaît chaque limon,

Chaque étincelle,

Chaque mot.

Il sait le grand charroi

Des souffles,

Le pouls des hémisphères,

La danse des pollens.

 

Divine patience

Qui libère les souches,

Tamise les astres,

Adoube les atomes.

 

La caresse remonte

Le long de ton dos

Si lentement

Que des continents

Se séparent.

 

La caresse remonte

Le long de ton dos

Et je suis fou

D'être là,

Oracle des vieilles eaux.

 

 

Partager cet article

Repost 0
Published by Brigitte Broc - dans fileusedelune
commenter cet article

commentaires

Viviane 17/02/2007 19:15

C'est très beaucela parle une lenteur qui est notre mondedont nous ne sommes paspauvres insectes pressés par de tristes urgencescela parle les cyclesles saisons les extasessensuelcalmeapaisant

Colette 31/01/2007 17:56

Belle poésie que celle de cette étreinte marine !