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  • : Fileuse de lune
  • Fileuse de lune
  • : Cueillir une parole, rouge ou ténue, violente ou fragile, comme on cueille un visage, le soir, au bord de l'amour
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Pensées d'auteurs

Sera comblé celui pour qui l'espace ne sera pas dehors. Guillevic

Ton devoir réel est de sauver ton rêve. Amadéo Modigliani

J'en appelle à la beauté qui sera front d'espoir. Abdellatif Laabi

Lorsque je suis le plus profondément moi-même, je rejoins une communauté oubliée. Eugène Ionesco

L'histoire de notre vie fut aussi ce murmure furieux qu'on oublie à la croisée de l'arbre et du fleuve. Luis Mizon

L'innocence est plus forte que le mal. (?)

Je mangerai la terre et les racines, j'avancerai sur le ventre, lombric humain. J'ai une telle faim des éléments du simple. Daniel Biga

On ne naît pas homme, on le devient. Erasme

Pour maintenir à bout de bras cette contrée de nuit où le chemin se perd, à bout de forces, une parole nue. Jacques Dupin

Quel que soit ce que vous devez faire ou rêvez de faire, commencez-le... L'audace contient du génie, du pouvoir et de la magie. Goethe

J'ai voulu sortir pour voir ce qu'étaient devenus l'air et le ciel dès l'instant où un poète avait nommé un autre poète. Boris Pasternak à propos de Marina Tsvetäeva

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13 mars 2007 2 13 /03 /mars /2007 17:06

Vertiges

éclaboussures

traversées

 

J'habite ces parages

de peu de densité

où l'éclair d'un regard

chavire l'horizon

 

Membranes soulevées

sur le dos des fleuves

s'éparpillent en rémiges

en consonnes

brunes et vigoureuses

 

Se déversent les langues

dans une amphore

se délecte le ciel

d'être à nouveau

en crue

 

Pour apprivoiser les pinèdes

en maraude

les forêts de silex

il faut tailler son nom

dans le tronc le plus vieux,

habiter son élan

 

Dans les prairies de l'Homme

je sais un abreuvoir

où se rassemblent troupeaux

de hautes sèves

clameurs de laines

blanches et bouclées

 

J'y porte l'épaisseur

de mes murs

la lourdeur de mon sang.

Une odeur de suint

ocre et tenace

rassure les ancêtres

 

Claquante

comme une étreinte

la parole éperonne

les flancs fumants

de ce matin tout neuf

 

Tourbillon

ivresse pure

je virevolte, à cru,

sur des phrases de sel

m'accouple à leur écorce

et hurle

source vive !

 

J'ouvre,

dans ma poitrine,

des fenêtres

aux giboulées de grives,

de raisins et d'étoiles,

aux rafales d'ardoises,

aux foules écervelées

des déserts, des pierres

et des jardins

 

Là, dans cet espace

consenti à l'incandescence,

la bruine déploie

mon feuillage

gâche sa salive

à ma résine

 

Sur mes berges

calleuses

faseyent quelques saules

 

Guetter l'exubérance

étirer les limites

de son sang

de sa peau

pour être ampleur

luxuriance

et faire tomber de soi

jusqu'à la moindre

ténèbre

 

Et puis

se rencogner

dans l'angle juste

de la légèreté,

retrouver sa foulée

d'osier souple et de vent

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Published by Brigitte Broc - dans fileusedelune
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commentaires

gmc 18/10/2012 15:50


superbe, brigitte, peut-être un de vos meilleurs textes (quoiqu'ils soient tous très sympas dans l'ensemble^^)

Brigitte Broc 23/03/2007 15:51

Merci, Sedna...Comme le dit si justement Jacques Dupin : " Pour maintenir à bout de bras cette contrée de nuit où le chemin se perd, à bout de forces, une parole nue. " Oui, une parole capable de tout porter, de tout traverser, d'être là, aussi, simplement...?!

Sedna 21/03/2007 18:29

Des mots portés avec force pour se reposer enfin dans une  brume légère. J'aime comme à l'habitude..

Brigitte Broc 17/03/2007 17:33

Bien-sûr, Colette, que je n'y vois aucune critique ! On est là pour donner son avis, et c'est très important. Je t'embrasse aussi.

Colette 15/03/2007 11:20

D'accord avec Noël : il y a de très belles phrases , j'aime surtout  le "ciel en crue" mais si tu me permets d'exprimer mes goûts profonds, je préfère quand ton écriture est plus concise... n'y vois aucune critique ! Je t'embrasse