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  • : Fileuse de lune
  • Fileuse de lune
  • : Cueillir une parole, rouge ou ténue, violente ou fragile, comme on cueille un visage, le soir, au bord de l'amour
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Pensées d'auteurs

Sera comblé celui pour qui l'espace ne sera pas dehors. Guillevic

Ton devoir réel est de sauver ton rêve. Amadéo Modigliani

J'en appelle à la beauté qui sera front d'espoir. Abdellatif Laabi

Lorsque je suis le plus profondément moi-même, je rejoins une communauté oubliée. Eugène Ionesco

L'histoire de notre vie fut aussi ce murmure furieux qu'on oublie à la croisée de l'arbre et du fleuve. Luis Mizon

L'innocence est plus forte que le mal. (?)

Je mangerai la terre et les racines, j'avancerai sur le ventre, lombric humain. J'ai une telle faim des éléments du simple. Daniel Biga

On ne naît pas homme, on le devient. Erasme

Pour maintenir à bout de bras cette contrée de nuit où le chemin se perd, à bout de forces, une parole nue. Jacques Dupin

Quel que soit ce que vous devez faire ou rêvez de faire, commencez-le... L'audace contient du génie, du pouvoir et de la magie. Goethe

J'ai voulu sortir pour voir ce qu'étaient devenus l'air et le ciel dès l'instant où un poète avait nommé un autre poète. Boris Pasternak à propos de Marina Tsvetäeva

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9 janvier 2014 4 09 /01 /janvier /2014 18:31

L’aube était lisse. Lisse et fruitée.

Nos corps s’y enfonçaient, jusqu’à la taille, et nos fronts insoumis parlaient d’aubépine et de soie sauvage.


A l’orée de nos pas s’élevaient des portiques où des bancs familiers accueillaient nos palabres.

 

Nous composions des odes, des sonnets, les étendions, ruisselants, à même l’herbe drue et nos barques glissaient sur le miroir du vent.

 

Ces heures fraîches au goût de narcisses coupés étaient là, posées sur nos genoux, à chaque fois que nous le demandions.

 

Et nous restions assises, longtemps, à regarder couler au loin les eaux mauves du ciel, espérant une terre où déposer nos voix.

Une terre à humer, une terre à pétrir, une terre à étreindre avec ses brasiers, ses fossés, ses pierres désarticulées pour assouplir notre sang, trouver un amant.

 

Aux tables de granit s’arrimait la gentiane et son calice bleu absolvait les oiseaux.

 

Au coeur de chaque pierre, s'enroulaient les coquilles, crépitantes de sel, la mer allait, venait, nous y baignions nos corps dégoulinants de nacre.


Et la lune s’associait à la ronde, ébouriffée, des souches, des matrices, de nos tailles immatures.


Nous descendions les marches menant à la savane où le vent, rouge de notre ardeur, arrondissait nos hanches, piétinant le sol pour extraire nos chants.

 

Rythmes lancinants à l’avant-goût de pluie, mélopées d’orties blanches, peau du ciel ivre et chaude.

 

Drapées d’écorces souples, nous devancions les racines.

A l’adret de nos voix poussaient des lentisques, un couple de colombes.

 

 

 

L'aube était lisse. Lisse et fruitée.

 

 

 

Nos corps s’y enfonçaient, jusqu’à la taille, et nos fronts légers parlaient d’infini et de fruits à mûrir.

 

 

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Published by Brigitte Broc
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henri 15/04/2014 09:21


Bonjour,


lisant enfin ce texte, je ne sais plus ce qui se passe. Est-ce bien celui que tu as lu dimanche devant les micocouliers de Camps ? je sais que c'est lui et j'en doute et je me dis que ça n'a pas
d'importance... ça en a tellement....

Fabien 04/03/2014 15:07


Que de belles choses à pétrir, à étreindre... pour enfin palper la vraie beauté !


Merci pour cet élan

Broc 12/01/2014 19:25


..."parce que tout est don pour que vive le jour. Dans la paume du matin, dans l'embrasement du soir, nos visages constellés d'amour, constellés de mille mots d'amour !"


Merci, Sedna, et belle semaine à vous.


 


 

Sedna 12/01/2014 12:48


Toutes les promesses de l'aube rassemblées ici dans l'offrande de vos mots magnifiques..