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  • : Fileuse de lune
  • Fileuse de lune
  • : Cueillir une parole, rouge ou ténue, violente ou fragile, comme on cueille un visage, le soir, au bord de l'amour
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Pensées d'auteurs

Sera comblé celui pour qui l'espace ne sera pas dehors. Guillevic

Ton devoir réel est de sauver ton rêve. Amadéo Modigliani

J'en appelle à la beauté qui sera front d'espoir. Abdellatif Laabi

Lorsque je suis le plus profondément moi-même, je rejoins une communauté oubliée. Eugène Ionesco

L'histoire de notre vie fut aussi ce murmure furieux qu'on oublie à la croisée de l'arbre et du fleuve. Luis Mizon

L'innocence est plus forte que le mal. (?)

Je mangerai la terre et les racines, j'avancerai sur le ventre, lombric humain. J'ai une telle faim des éléments du simple. Daniel Biga

On ne naît pas homme, on le devient. Erasme

Pour maintenir à bout de bras cette contrée de nuit où le chemin se perd, à bout de forces, une parole nue. Jacques Dupin

Quel que soit ce que vous devez faire ou rêvez de faire, commencez-le... L'audace contient du génie, du pouvoir et de la magie. Goethe

J'ai voulu sortir pour voir ce qu'étaient devenus l'air et le ciel dès l'instant où un poète avait nommé un autre poète. Boris Pasternak à propos de Marina Tsvetäeva

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22 septembre 2010 3 22 /09 /septembre /2010 10:58

Tréfonds du voyage.

S'empilent les heures,

coussins de météores

et d'algues pubescentes.

 

Cartes postales

échouées sous les piles du pont.

L'eau stagne,

boueuse jusqu'au vertige.

 

Un petit garçon rêve

de retrouver son père,

des lignes sont écrites dans ce train

qui file vers le sud.

 

Dans le couloir,

des sacs à dos, lourds de non-dits,

et des ballons, prêts à s'envoler.

 

Ôtez-moi tout ce temps

où j'étais comprimée

entre moi et rien,

tout ce temps - interminable -

où j'étais coincée

dans le vide immense de tes bras.

 

En face de moi, une Africaine, blanche,

aux tresses dorées,

bariolée de fleurs dans sa robe soleil,

émiette avec nonchalance les rivières,

les clochers et ces pales d'acier

qui tournent au vent.

 

Ma jambe, souvent, frôle la sienne,

exiguïté oblige.

 

Sa peau oubliera-t-elle ?

Encore ?

 

Appuyée à la fenêtre,

je vois l'Afrique défiler

jusque dans le moindre reflet du canal.

 

Porosité du regard,

immanence de l'autre.

 

Dans la bouteille de Badoit,

posée sur la tablette,

les lionnes, déjà, viennent boire.

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Published by Brigitte Broc
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commentaires

Brigitte Broc 26/10/2010 20:49



Non, au contraire, Lutin, je vous en remercie.



lutin 18/10/2010 19:56



Venant souvent ici, vous voici dans mes liens, si vous n'y voyez pas d'inconvénient



Brigitte Broc 26/09/2010 19:53



Pardon pour les ''coquilles'' : enlevons le ''h'' à étymologie et disons plutôt : c'est cela, exister...



Brigitte Broc 24/09/2010 14:52



Heureuse de te lire, Christian, de te re-trouver.


Je ne sais si c'est l'art des poètes de remonter l'estuaire du temps, de retourner à l'océan, à l'eau des origines. C'est en tout cas, je le pense, une chose essentielle, primordiale - au
sens éthymologique des termes - que d'abattre, précisément, les murs du temps et de l'espace, pour qu'à nouveau le vivant se fraie un passage, qu'il ait sa place, ici et maintenant, aussi, et
partout, sans plus aucune limite.


C'est cela d'exister, me semble-t-il, au milieu des autres et de soi-même. Ne penses-tu pas ?


 


 



christian soupène 22/09/2010 22:41



est-ce donc l'art du poète que de renvoyer l'autre dans les méandres des souvenirs, mes nuits ont longtemps étaient agitées de l'absence d'une africaine blanche et aimée