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  • : Fileuse de lune
  • Fileuse de lune
  • : Cueillir une parole, rouge ou ténue, violente ou fragile, comme on cueille un visage, le soir, au bord de l'amour
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Pensées d'auteurs

Sera comblé celui pour qui l'espace ne sera pas dehors. Guillevic

Ton devoir réel est de sauver ton rêve. Amadéo Modigliani

J'en appelle à la beauté qui sera front d'espoir. Abdellatif Laabi

Lorsque je suis le plus profondément moi-même, je rejoins une communauté oubliée. Eugène Ionesco

L'histoire de notre vie fut aussi ce murmure furieux qu'on oublie à la croisée de l'arbre et du fleuve. Luis Mizon

L'innocence est plus forte que le mal. (?)

Je mangerai la terre et les racines, j'avancerai sur le ventre, lombric humain. J'ai une telle faim des éléments du simple. Daniel Biga

On ne naît pas homme, on le devient. Erasme

Pour maintenir à bout de bras cette contrée de nuit où le chemin se perd, à bout de forces, une parole nue. Jacques Dupin

Quel que soit ce que vous devez faire ou rêvez de faire, commencez-le... L'audace contient du génie, du pouvoir et de la magie. Goethe

J'ai voulu sortir pour voir ce qu'étaient devenus l'air et le ciel dès l'instant où un poète avait nommé un autre poète. Boris Pasternak à propos de Marina Tsvetäeva

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11 juillet 2008 5 11 /07 /juillet /2008 19:54

Pour nous installer,
toi et moi,
dans la permanence du souffle,
nul besoin d'interroger
la frauduleuse matière
qui accomplit ses rites
si loin de notre joie.

C'est ici-même,
à l'aval sauvage de nos visages,
que s'enhardit la lumière.

Portés par sa jeune patience,
nous devançons
les pleins et les déliés de l'aube,
effleurons la tête pâle du cerisier
juste avant le soubresaut des fruits.

Dans le sillage de nos présences,
la confrérie des astres
se met à découvert.

C'est comme une promesse,
un toucher doux
de prêles et de verveine.

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Published by Brigitte Broc
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2 juillet 2008 3 02 /07 /juillet /2008 18:53

Sur des vitraux de pierre
ricoche le plain-chant.

Agenouillés, les cris sont en prières,
les cris d'avant la nuit.

On entend l'appel furtif
d'un pays qu'on ne connaît plus.
Son écriture a créé un passage,
attend la venue.

Espace cicatrisé
où s'arrondit le rouge,
où le dedans aime le dehors.

Dans chaque lettre,
la source et la soif,
la poussée des astres,
des remous d'aquarelle.

Ebaucher la voile,
le corps de la mer
qui étanche et étreint,
et s'allonger tout contre l'oraison.

Etre le lieu de la parole,
celle qui sinue entre seins et volcans,
comblée d'horizon.

Ne plus chercher d'issue
puisque la fin s'écrit au commencement
et que la roche se contente de respirer.

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Published by Brigitte Broc
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13 juin 2008 5 13 /06 /juin /2008 17:49

A quoi bon le flot
si les mains se referment ?

A quoi bon la demeure
s'il n'y a plus de chemin ?

Il te reste des loques,
des débris de lumière.

Il te reste les mots.

Même écorchés, ils étincellent.
Même entourés de dédain, ils rutilent.

Sevrée d'été,
du regard bienveillant
qui te pousse vers l'étendue,
tu sais
que tu peux t'appuyer
sur une syllabe,
embarquer sur le dos des voyelles.

Il s'agit d'écrire
comme coule le fleuve,
dans la juste mesure de soi.

Ecrire pour laver la nuit
de son interrogation,
rendre à l'arbre
sa présence muette.

Ecrire pour rejoindre
ce qui fuit,
ce qui surgit de l'éphémère.

Pour nous accompagner
au-delà de nous-mêmes.

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30 mai 2008 5 30 /05 /mai /2008 16:14

Depuis toujours
je sais la main
qui touche les mondes.

Contours diffus,
marche allègre,
elle investit le sang,
divulgue la lumière.

A toute plainte,
à toute pierre
qui demandent asile,
elle répond infini
et offre les premiers lilas.

Il suffit d'aimer lentement
pour qu'accourent les bocages
et, qu'à nouveau,
les étoiles viennent butiner les mots.

Ce qui dormait
danse,
ce qui palpitait
réchauffe les astres.

Petite main
qui s'enfonce dans la nuit,
petite main
qui émiette les ombres,
fait claquer de blanches bannières
sur les parois de fer.

Tendues entre soleil et pommier
sèchent des grappes d'oraisons
et leurs fleurs, déjà, disent l'aube.

 

 

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13 mai 2008 2 13 /05 /mai /2008 19:14
Désormais sur la page
nous habitons le même mot.
Lieu privilégié d'une seule respiration.

Le vent des cimes nous écoute
et aux confins du langage
la chair profonde nous unit.

Epelle la tendresse.

Je sais que tu as déjà
écrit mon visage,
déchiffré le ciel
posé sur mes paupières.

Lentement
s'entrebaîllent les phrases
les plus claires
et tu remues le grand corps des sources.

Dans ce tremblement
la lumière acquiesce à l'étreinte.

Il n'y a plus d'attente.

Pourtant, je n'ai rien dit.
Je me suis seulement dépouillée,
approchée au plus près
de cette odeur d'eau
que perpétue ta peau. 
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3 mai 2008 6 03 /05 /mai /2008 12:28

A force de tanguer
dans le magma des phrases,
la main ne trace plus
que des gorges brûlantes.

Le vieux pays,
pourtant,
est assise confortable
à ceux tombés en vol.

Ses rues circulaires,
le bois profond de son haleine
retournent au bercail
qui est arbre et lucarne.

Les fables d'enfant
dégringolent du lit,
cherchent à désaltérer
la branche et sa mésange.

La déraison a un sens
qui dépareille les présences,
s'épanche, le soir,
en de vaines confidences.

Il existe le fleuve,
le désordre des corps,
tout ce qui rougeoie.

Lente inspiration
sur les chemins de crête :
pour dissoudre l'absence
et son goût de métal.

Alors
même le vent
ne nous disperse plus.

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28 avril 2008 1 28 /04 /avril /2008 16:38
Sois rassuré

Le jour est proche
où tu seras traversé

Amplement
tes bras s'évaseront

Sourcier d'aurore
tu respireras
à pleines futaies
le pollen transparent

Tu reboiseras le ciel
de chants et d'algues frêles
et partageras ce pain
avec l'autre
qui avance
là-bas

Naîtront alors
près de l'ancien désert
gestes de pluie
ouverts sur l'horizon

Et  tu n'auras rien dit
des paroles de feu
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20 avril 2008 7 20 /04 /avril /2008 15:31

Gravée dans la nuit,
sa blessure est ouverte.
Aux murs d'ombre
elle a collé sa bouche.

Sa parole, en lambeaux,
a laissé aux orties
la pulpe des mots.

Assise sous un saule,
elle égrène ses peurs.
Ses mains, raides et nues,
ne savent plus prier.

Pourtant, au couchant,
une note a tremblé,
prête à crever la chair de l'opaque.

Les chemins ont pleuré
jusqu'à la transparence,
et sur la pente du jour
s'est levée sa saison,
ample et mouillée d'arômes.

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8 avril 2008 2 08 /04 /avril /2008 15:33
Un jour, elle s'est blottie
sous la paille d'un mot.

Elle a reçu en plein visage
l'envol des collines
et leur floraison.

Depuis, elle tresse des joncs
dans l'obsédante clarté
de matins toujours neufs.

Elle rêve de s'ouvrir champ
pour raconter au vent
la nuque des cailloux,
la hauteur du silence.

Dans son regard
s'ancreraient les moissons,
et sur ses hanches
reposeraient les blés.

Il n'y aurait
plus de porte close
entre ses bras
et les mottes fragiles des voyelles.

Rien qu'un élan,
continu,
d'elle vers le ciel,
d'elle en labours.

Et l'envie de tanguer,
inlassable,
dans les mains de la brume.
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4 avril 2008 5 04 /04 /avril /2008 13:45

Elle ne sait peut-être plus
d'où elle vient,
elle ne sait peut-être pas
qui l'habite,
mais,
immobile sur elle-même,
elle enferme la nuit,
contient le silence.

Au plus près de ses murs,
elle fait pousser une étoile.
Sa demeure abrite le chemin :
bêtes et sources.

Torchère brandie
du vide aux mains,
sa parole brûle les friches.

Elle ajuste sa peau
à l'horizon,
entame la première phrase.

Sous sa robe meurtrie,
le rouge du sable,
les ravines de la soif.

L'infini la contemple,
elle, si petite,
elle, démesurée,
et son sang oublié
recommence à couler.

Son chant court,
libre, venu de si loin.

Les épines quittent ses seins,
le ciel entre en elle
avec son grand charroi de pluies.

Signal de noces prochaines,
les dunes accourent,
laminant le soleil.

" J'aimerais tant... " dit-elle.

D'un bond,
elle franchit les ombres douloureuses,
avale le désert.

 

 

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