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  • : Fileuse de lune
  • Fileuse de lune
  • : Cueillir une parole, rouge ou ténue, violente ou fragile, comme on cueille un visage, le soir, au bord de l'amour
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Pensées d'auteurs

Sera comblé celui pour qui l'espace ne sera pas dehors. Guillevic

Ton devoir réel est de sauver ton rêve. Amadéo Modigliani

J'en appelle à la beauté qui sera front d'espoir. Abdellatif Laabi

Lorsque je suis le plus profondément moi-même, je rejoins une communauté oubliée. Eugène Ionesco

L'histoire de notre vie fut aussi ce murmure furieux qu'on oublie à la croisée de l'arbre et du fleuve. Luis Mizon

L'innocence est plus forte que le mal. (?)

Je mangerai la terre et les racines, j'avancerai sur le ventre, lombric humain. J'ai une telle faim des éléments du simple. Daniel Biga

On ne naît pas homme, on le devient. Erasme

Pour maintenir à bout de bras cette contrée de nuit où le chemin se perd, à bout de forces, une parole nue. Jacques Dupin

Quel que soit ce que vous devez faire ou rêvez de faire, commencez-le... L'audace contient du génie, du pouvoir et de la magie. Goethe

J'ai voulu sortir pour voir ce qu'étaient devenus l'air et le ciel dès l'instant où un poète avait nommé un autre poète. Boris Pasternak à propos de Marina Tsvetäeva

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4 mars 2010 4 04 /03 /mars /2010 10:02
Es-tu engourdi
toi qui arrives de l'hiver
et ne sais divulguer
les à-pics de ta force ?

L'arôme givré de tes épaules
brasille à mes lèvres,
raconte l'enclume du gel,
l'étreinte vorace du silence.

Au carrefour des brumes
j'ai retrouvé ton nom
qui flottait, indécis,
sur des statues de marbre.

Dans son sillage
s'affermissait
la vocation heureuse
d'une petite branche
prête à épeler
les paroles de l'eau.

Va vers ton nom,
reconnais la prestance de son air,
la force de son sol.

Propage ce tressaillement,
amplifie sa musique.

Abrite, contre ta chair,
le mot neige
tout près du mot printemps.

A la fonte du langage
ne subsisteront
que les plus purs cristaux
et ton nom reverdira
sous la robe claire du vent,
vie après vie. 
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Published by Brigitte Broc
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1 février 2010 1 01 /02 /février /2010 19:52
Toutes ces chambres,
ces rives,
que le sommeil a quittées
pour dépoussiérer la pluie.

Comment nous reconnaître
dans les méandres
de la nuit ?

Comment nous rejoindre
sous les dépouilles de la soif ?

Je serai près des traces,
proche du vertige
et de l'essor du vent.

Je recoudrai l'ombre à la lumière
pour libérer des glaces
ta présence muette.

Que ma bouche recueille
l'ambre déconcertante,
la violente liqueur
de tes mots
mis à nu.

Que nos branchies en fleur
quittent l'ancien gîte.

Célébration du jour :
il est, dans  le silence,
une envie d'été casanier,
une envie de caresses
à l'ombre du figuier.

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Published by Brigitte Broc
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7 janvier 2010 4 07 /01 /janvier /2010 16:44
Epuisée de courir
après mon ombre,
j'ai choisi de suivre l'hiver
et son pas de misère.

Affamé, chancelant,
il fraie sa route
sur nos peaux concassées.

Derrière les murs
aux cernes violets,
quelques visages s'éteignent
de n'être que frôlés.

Lenteur du ciel
qui essaie vainement
de rattraper son bleu.

Et je vais,
de la brume à la chambre,
du chahut du froid
au silence du lit,
pour ranimer le feu
des caresses éteintes.

M'escorte la douleur des oiseaux.

Mais se souvenir
fait des ronds de lumière.

Dans la maison d'autrefois,
l'enfance est le caillou blanc
sur le sentier des mûres.
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Published by Brigitte Broc
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18 décembre 2009 5 18 /12 /décembre /2009 20:01
Se faufilent,
à la saignée du regard,
les longues nuits narratives.

Charriant le limon
des grands fleuves,
les paroles échouées
sur les rives australes,
elles déposent, sous les draps,
les solitudes domptées
et le fracas des aubes
ultra-marines.

Que faudra-t-il retirer,
page après page,
vague après vague,
pour atteindre l'arête nue du visage ?

Un reflet, 
une larme de sel,
des pas lointains ?

L'inaccessible peut se rejoindre.

Une porte s'ouvre
sur le cri blanc du goéland. 
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10 décembre 2009 4 10 /12 /décembre /2009 18:12
Comment ne pas plier
sous le poids du ciel ?

Comment,
de l'absence à l'absence,
retrouver le chemin de soi ?

Avance.
Avance jusqu'au bord extrême du mot.

Saisie de vertige,
éblouie de blancheur,
emplis-toi de son souffle.

N'erre plus, seule, avec ton cri.

Il y a, devant toi,
tant de bleu à étreindre.
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Published by Brigitte Broc
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25 novembre 2009 3 25 /11 /novembre /2009 19:19
J'ai tellement pétri de linges
sur les rives naissantes de mars,
que de sombres corolles
ont quitté mes épaules.

Grosse de cent printemps
oserai-je effacer
les charmes et leur cime
si près de s'arrondir
pour imiter mes seins ?

Quand les merles jacassent
au fond de mes prunelles
et que des pommes aigres
roulent sous ma peau,
je laisse s'approcher
le ciel et ses glaïeuls.

Atrophiée dans ses langes
la rivière déborde.

Ah ! le tremblé de ses lèvres
à même l'infini !
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12 novembre 2009 4 12 /11 /novembre /2009 14:04
Je voulais simplement
marcher avec toi
dans le vent.

DEs puits d'amertume
ont poussé au désert,
des nappes de bitume
ont englouti la mer.

Je voulais simplement
marcher avec toi
dans le vent.

Des bouches vénéneuses
ont taillé les baisers,
lacéré la chair tendre
des poètes et des anges.

Je voulais simplement
marcher avec toi
dans le vent.

On a changé la pluie
en rideau de douleur,
exilé la candeur
à droite de l'enfer.

Je voulais simplement
marcher avec toi
dans le vent.

Mes veines ont  bleui
sous les assauts de fiel,
en elles ne court plus ni rêve, ni sang.

Tu es sourd à mes mains,
tu es sourd à mon chant.

Je voulais simplement
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18 octobre 2009 7 18 /10 /octobre /2009 21:14
J'ai su que toute parole
était recueillement
lorsque j'ai vu la danse des fleurs,
le corps des fruits,
le livre ouvert du feuillage.

Vert si proche
que mon regard s'embue de rosée,
vert ami
où s'enracine ma joie.

La foi brute est ce goût d'herbe
sur la langue,
et l'heure qui saignait
réapprend la souche du jour.

L'arbre écoute.
Tapi contre le coeur de l'oiseau.

L'arbre écoute.

La vie est là.
La parole est là.

J'esquisse une demeure
où poser sa faim, sa fatigue.

Avec du ciel dans les yeux
j'attends que revienne
la nudité première.

Instant de beauté crue.
Pour tout vivre sans fin.
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Published by Brigitte Broc
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15 septembre 2009 2 15 /09 /septembre /2009 15:03

A l'entrée de la chambre,
ne pas plier le ciel,
simplement cueillir quelques oiseaux
pour en faire une phrase.

Il y a de la salive
dans cette phrase d'air,
de la salive et des orchidées rouges
dans le geste d'amour.

La main se souvient
d'avoir été foudre
dans les reins de la femme.

La main marche à reculons
dans le dédale des spasmes,
et s'accroupit, comblée,
au plus chaud du silence.

Passent des voilures,
un peu de rosée,
ta bouche

qui ouvre et ferme la vague.

 

Les mots changent de couleur,

les regards changent de douleur.

S'exilent les murs,
et le mufle mouillé de la terre
gagne lentement nos sexes
et la haute mer.

Laisse la nuit se cacher
dans les herbes folles,
laisse la nuit déferler dans la maison.

Et n'oublie pas de convier
à la table de fête
son parfum charnu,
l'arrogance de ses grands gestes clairs.

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Published by Brigitte Broc
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29 août 2009 6 29 /08 /août /2009 20:16
Rien ne nous a préparés
à ce flamboiement.

Nous avions attendu
des paupières lourdes,
une bouche close,
des mots accablés.

Frémissement à l'orée.

Le gué franchi,
nous apprenons
la langue des âmes.

Vois,
le jour se resserre
sous l'auvent de nos bras.

Tout autour,
l'immensité,
prière inachevée.

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Published by Brigitte Broc
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