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  • : Fileuse de lune
  • Fileuse de lune
  • : Cueillir une parole, rouge ou ténue, violente ou fragile, comme on cueille un visage, le soir, au bord de l'amour
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Pensées d'auteurs

Sera comblé celui pour qui l'espace ne sera pas dehors. Guillevic

Ton devoir réel est de sauver ton rêve. Amadéo Modigliani

J'en appelle à la beauté qui sera front d'espoir. Abdellatif Laabi

Lorsque je suis le plus profondément moi-même, je rejoins une communauté oubliée. Eugène Ionesco

L'histoire de notre vie fut aussi ce murmure furieux qu'on oublie à la croisée de l'arbre et du fleuve. Luis Mizon

L'innocence est plus forte que le mal. (?)

Je mangerai la terre et les racines, j'avancerai sur le ventre, lombric humain. J'ai une telle faim des éléments du simple. Daniel Biga

On ne naît pas homme, on le devient. Erasme

Pour maintenir à bout de bras cette contrée de nuit où le chemin se perd, à bout de forces, une parole nue. Jacques Dupin

Quel que soit ce que vous devez faire ou rêvez de faire, commencez-le... L'audace contient du génie, du pouvoir et de la magie. Goethe

J'ai voulu sortir pour voir ce qu'étaient devenus l'air et le ciel dès l'instant où un poète avait nommé un autre poète. Boris Pasternak à propos de Marina Tsvetäeva

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16 décembre 2008 2 16 /12 /décembre /2008 21:03

Attendre sous les fleurs
qu'une promesse passe.
Lui ouvrir sa chemise
pour qu'elle suce un sein.

Dans le ventre chaud
où poussent les roseaux,
je glisserai ta main.

Tu sauras le pourquoi
du roseau,
de mon ventre.

Et puis un bouquet se fera.

Il apprendra le suc
de chaque graminée,
inventera des gestes
pour le bleu qui frémit
et le blanc de ton cri.

Au crépuscule,
quand l'air reprend son souffle,
tous les désirs convergent
au même carrefour.

Entre moiteur et sortilège
se lèveront les portes.

Couverte de fruits mûrs,
ta peau se gorgera
de liquides opalins.

Surtout ne dis rien.

Répands de la myrrhe
à l'ombre des colonnes
pour remercier la vie
de ses graines de joie.

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Published by Brigitte Broc
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23 novembre 2008 7 23 /11 /novembre /2008 11:01

Brume sur le fleuve,

odeur lourde

des berges détrempées,

la page est blanche.

 

L'arbre silencieux

aime le corps de l'hiver,

tisonne les cendres du ciel.

 

Battement de paupières,

langueur de préhistoire,

toi et la neige

dans le matin.

 

Que dit le temps ?

Que dit la neige ?

 

Par l'aubier qui distille

ses joies de météores,

par ce recueil de mer

qui s'écrit à la source,

je retourne au silex de ta voix.

 

Lèvre à lèvre avec la lumière,

la page respire.

 

Au-delà de nos ruines

l'éphémère prend feu.

 

Parle bas.

 

Ecoute ce vent qui se lève

et te couche sur moi

comme une pluie d'été.

 

Ecoute.

C'est l'infini qui marche

sur la pointe des pieds.

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Published by Brigitte Broc
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9 novembre 2008 7 09 /11 /novembre /2008 11:21

En frôlant l'insaisissable
le poème se découvre une chair.

Apparemment
des fragments de déluge
irriguent ce lieu,
dénudant les artifices.

Tout près de la peau
elle écrit sa vivance,
rameute les branches,
les mots qui s'effaçaient.

Penchée à la fenêtre,
elle voit passer
quelques notes,
une parole fringante
habillée de vert.

Elle remise ses doutes.

Bientôt l'éclaircie
lui sera rendue.

Assis à son épaule,
un autre soleil témoigne.

 

 

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21 octobre 2008 2 21 /10 /octobre /2008 16:33

Cette porte qui bat,
à jamais inassouvie.

Ces nuits
qui n'arrêtent pas de bouger.

Je regarde
défiler les mains,
la faim, ton visage.

Sommes-nous l'ultime aveu ?

De l'autre côté du rêve,
je glisse vers l'eau,
lentement.

T'attends à l'embouchure.

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7 octobre 2008 2 07 /10 /octobre /2008 17:17
Au fond des yeux
masques de carnaval,
prunes vertes,
manège enchanté.

Dans le noisetier
une corneille s'est posée.

Au rouet d'âge tendre
le chanvre s'est rompu,
les lilas vont mourir.

La robe rouge, écorchée,
ne veut plus gambader.

Les gestes, pliés,
dorment dans les livres.
Le jardin grapille
ses dernières groseilles.

Au bord des lèvres
un sentier s'est perdu.

Une vieille pluie
a rouillé
la girouette des cyprès
et les jouets suffoquent
de n'être plus touchés.

Le ciel s'éloigne,
privé d'éclaircie.

Partout
s'allument des cris.
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30 septembre 2008 2 30 /09 /septembre /2008 18:32

Tout en bas de la nuit
il y a la lanterne magique
de tes pas,
la clameur de ta peau.

Assourdissant,
ce vert dans mon sang
qui me pousse et me jette
sur le parvis des bois.

Ce que j'approche,
les masures,
l'arceau de ton chant,
le bourdonnement des prés
les plus hauts,
tout
a sa moitié de chair
et sa moitié
de laine rugueuse.

La main remue le ciel.
Dégringolent les murs et les étoiles.

Je suis fille de lune
et mon corps ininterrompu
retentit
d'appels et de sonnailles.

Tout en bas de la nuit
il y a les tréteaux du vent,
des joies de bleuets.

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21 septembre 2008 7 21 /09 /septembre /2008 23:01

L'air, la lune, le vent épais.

Pas de frontière dans le bleu.

Un chemin te convoque
et c'est toute la violence
des pruniers sauvages, de l'aubépine,
de la chanson des mûres.

La clé de sol râpe le silence.

Infiniment,
les enfants gardent l'été.

Dans les mots d'herbe
respire la femme
aux aréoles de nuit.

Dans les mots de neige
la femme déboisée
cherche la cime.

Pays profond
comme une main
où les nervures relient
tous les humains.

Terre aux voiles rouges
qui se tient
à la proue du visage.


Devant la porte
une touffe de ciel.

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5 septembre 2008 5 05 /09 /septembre /2008 09:52
Dans ses cheveux ruisseaux
une étoile a germé,
repoussant, de son ambre,
les saisons de la nuit.

Elle avance
vêtue de ses gestes de femme.

Dans son sillage
s'abandonne le jour
et ses cheveux ruisseaux
apprivoisent les eaux.

Elle offre à la rivière
son chant
et ses mains
nues.

Elle tangue et palpite
si forte déjà.

Pas à pas
au rythme de son sang
elle gravit des courbes,
remonte à la source.

Et là, dans le silence vert,
son corps s'enracine
et redevient oiseau.
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25 août 2008 1 25 /08 /août /2008 10:30

Si près de dormir,
avec, sous la paupière,
le ventre gris
de l'hirondelle

Si près de revenir
de l'origine
pour réciter
des psaumes de rochers

Tu regardes
ce qui musarde
ce qui louvoie

Tu ne crois pas
tu guettes

Tu n'attends pas
tu sais

Que le jour est une parole,
qu'après les griffures de l'ombre
viennent l'aubaine des feuilles,
la liberté du fruit

Et quand la nuit
change de rive,
tu déplies la carte
du Vieux Pays,
te glisses dans le fenil
d'âge nu

Aux blés
depuis longtemps mûris
tu accroches ta mue
et ton corps est le seuil
des épis nouveaux-nés,
de l'éclaircie qui va l'amble
et dénoue ses torpeurs


Le ciel pourra venir,
évasif et docile,
et la mer accoster
sur tes lèvres,
toi seul ruisselleras
comme l'ardeur première

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20 juillet 2008 7 20 /07 /juillet /2008 17:43
Du 21 juillet au 9 août je pars retrouver l'océan et les terres fortes du Pays Basque et du Béarn.

Je vous souhaite à toutes et à tous un très bel été et vous dis à bientôt.
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Published by Brigitte Broc
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