Cueillir une parole, rouge ou ténue, violente ou fragile, comme on cueille un visage, le soir, au bord de l'amour
Gravée dans la nuit,
sa blessure est ouverte.
Aux murs d'ombre
elle a collé sa bouche.
Sa parole, en lambeaux,
a laissé aux orties
la pulpe des mots.
Assise sous un saule,
elle égrène ses peurs.
Ses mains, raides et nues,
ne savent plus prier.
Pourtant, au couchant,
une note a tremblé,
prête à crever la chair de l'opaque.
Les chemins ont pleuré
jusqu'à la transparence,
et sur la pente du jour
s'est levée sa saison,
ample et mouillée d'arômes.