Cueillir une parole, rouge ou ténue, violente ou fragile, comme on cueille un visage, le soir, au bord de l'amour
Depuis toujours
je sais la main
qui touche les mondes.
Contours diffus,
marche allègre,
elle investit le sang,
divulgue la lumière.
A toute plainte,
à toute pierre
qui demandent asile,
elle répond infini
et offre les premiers lilas.
Il suffit d'aimer lentement
pour qu'accourent les bocages
et, qu'à nouveau,
les étoiles viennent butiner les mots.
Ce qui dormait
danse,
ce qui palpitait
réchauffe les astres.
Petite main
qui s'enfonce dans la nuit,
petite main
qui émiette les ombres,
fait claquer de blanches bannières
sur les parois de fer.
Tendues entre soleil et pommier
sèchent des grappes d'oraisons
et leurs fleurs, déjà, disent l'aube.