Cueillir une parole, rouge ou ténue, violente ou fragile, comme on cueille un visage, le soir, au bord de l'amour
Tout en bas de la nuit
il y a la lanterne magique
de tes pas,
la clameur de ta peau.
Assourdissant,
ce vert dans mon sang
qui me pousse et me jette
sur le parvis des bois.
Ce que j'approche,
les masures,
l'arceau de ton chant,
le bourdonnement des prés
les plus hauts,
tout
a sa moitié de chair
et sa moitié
de laine rugueuse.
La main remue le ciel.
Dégringolent les murs et les étoiles.
Je suis fille de lune
et mon corps ininterrompu
retentit
d'appels et de sonnailles.
Tout en bas de la nuit
il y a les tréteaux du vent,
des joies de bleuets.