Cueillir une parole, rouge ou ténue, violente ou fragile, comme on cueille un visage, le soir, au bord de l'amour
Sur des vitraux de pierre
ricoche le plain-chant.
Agenouillés, les cris sont en prières,
les cris d'avant la nuit.
On entend l'appel furtif
d'un pays qu'on ne connaît plus.
Son écriture a créé un passage,
attend la venue.
Espace cicatrisé
où s'arrondit le rouge,
où le dedans aime le dehors.
Dans chaque lettre,
la source et la soif,
la poussée des astres,
des remous d'aquarelle.
Ebaucher la voile,
le corps de la mer
qui étanche et étreint,
et s'allonger tout contre l'oraison.
Etre le lieu de la parole,
celle qui sinue entre seins et volcans,
comblée d'horizon.
Ne plus chercher d'issue
puisque la fin s'écrit au commencement
et que la roche se contente de respirer.