Cueillir une parole, rouge ou ténue, violente ou fragile, comme on cueille un visage, le soir, au bord de l'amour
Pour nous installer,
toi et moi,
dans la permanence du souffle,
nul besoin d'interroger
la frauduleuse matière
qui accomplit ses rites
si loin de notre joie.
C'est ici-même,
à l'aval sauvage de nos visages,
que s'enhardit la lumière.
Portés par sa jeune patience,
nous devançons
les pleins et les déliés de l'aube,
effleurons la tête pâle du cerisier
juste avant le soubresaut des fruits.
Dans le sillage de nos présences,
la confrérie des astres
se met à découvert.
C'est comme une promesse,
un toucher doux
de prêles et de verveine.