Cueillir une parole, rouge ou ténue, violente ou fragile, comme on cueille un visage, le soir, au bord de l'amour
Attendre sous les fleurs
qu'une promesse passe.
Lui ouvrir sa chemise
pour qu'elle suce un sein.
Dans le ventre chaud
où poussent les roseaux,
je glisserai ta main.
Tu sauras le pourquoi
du roseau,
de mon ventre.
Et puis un bouquet se fera.
Il apprendra le suc
de chaque graminée,
inventera des gestes
pour le bleu qui frémit
et le blanc de ton cri.
Au crépuscule,
quand l'air reprend son souffle,
tous les désirs convergent
au même carrefour.
Entre moiteur et sortilège
se lèveront les portes.
Couverte de fruits mûrs,
ta peau se gorgera
de liquides opalins.
Surtout ne dis rien.
Répands de la myrrhe
à l'ombre des colonnes
pour remercier la vie
de ses graines de joie.