Overblog Tous les blogs Top blogs Littérature, BD & Poésie
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Cueillir une parole, rouge ou ténue, violente ou fragile, comme on cueille un visage, le soir, au bord de l'amour

Publicité

Il faut tout refaire

Une parole, éblouie,
dont on ne tombera
plus jamais,
une parole, drue,
chargée de ciel,
de ciel et d'émoi.

Une parole que l'on brandit,
à bout de bras,
à bout de forces,
pour traverser la nuit.

Sais-tu la caresse du poème,
le soleil embusqué dans les mots,
l'attente de l'autre versant ?

Il aura fallu franchir
les hautes terres du verbe,
être à la fois l'oiseau et son chant,
le jour et la grâce du jour.

Il aura fallu le déploiement du blanc,
l'ondulation de l'encre,
une mémoire ligneuse.

Chaque pierre m'est parole.
Chaque pierre garde trace.

Et toi, de croître dans l'apparente immobilité.

Dans les archives lapidaires
bruissent les veines des mots.

Viens jusqu'au coeur assidu,
viens,
car il faut tout refaire.
Publicité
Retour à l'accueil
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article
P
Oui, les mots tracent chemin, et l’on peut voir de loin l’horizon vers lequel parfois ils mènent. Mais le plus souvent, en ce qui me concerne du moins, et à propos de mots bien sûr, j’ignore ma destination, et si seulement il y en a une. Il y a juste l’autre en face, vers lequel se tendent les mots, comme des bras vers l’infini, et qu’il est si bon de rejoindre, en montgolfière qui avance propulsée par l’euphorie. <br /> Et puis compte le chemin lui-même, que je parcours en lévitation. Pas d’écriture autrement pour moi, pas de labeur, mais une transe, tranche de transe à goût d’orange, et de soleil fondu au ciel.<br /> Ainsi ce sont les mots eux-mêmes, gentils convoyeurs de mon âme, qui me mènent où joie leur semble, et ferveur et volupté. Ce sont les chiens de mon traîneau, ils emportent bien où ils désirent l’aveugle voyant que je suis, et qui n’a pas besoin de mots pour tendre les bras vers autrui. Et si les vocables me mènent quelque part, c’est toujours vers l’altérité, celle de l’autre, et la mienne aussi, dont je viens et que je suis.<br /> Car c’est bien l’autre au fond de soi qu’il faut aller chercher en quête afin de refaire l’unité, et la royauté de soi-même.<br /> 14 mai 2009
Répondre
B
Ensemble nous avançons, ensemble nous taillons la route des mots. Qu'ils nous emmènent loin, ou peut-être tout près, en tout cas là où nous avons tellement envie d'aller...Amitiés à tous les deux.
Répondre
S
le soleil embusqué dans les mots :  votre écriture céleste nous entraîne bien vers la lumière et vous qui savez si bien refaire, continuez à nous ravir.
Répondre
P
Il arrive certaines fois que la poésie, après s'être richement vêtue, se déleste de ses fanfreluches et avance, presque nue et pleine d'assurance, dans la nuit pesante des hommes, avec tout au long du poème une lumière si fervente, une telle haleine de fraîcheur, que nos consciences torturées s'en trouvent ragaillardies. On se sent comme au pied d'un phare, et les éclats du poème ponctuent notre nuit de ferveur, et nous arrosent de leur parfum et de ce désir de vivre qui devrait demeurer le fond actif de tout humain. C'est bien ce qui arrive ici, avec ce poème gorgé de signes, généreux phare en notre nuit. Il faut pour écrire ainsi plus encore qu'un don de poète : il faut une âme dilatée, un cœur souverain qui ne s'use. Il faut savoir revenir de tout avec un glaive de lumière, qu'on brandit doucement pour tous, et dans la corbeille des bras scintillent de frêles étoiles. Et le bon rôle du lecteur, c'est de humer ces lumignons, de s'allonger sous le poème et de remercier les mots, les hommes qui se chargent des mots pour les alléger de leurs scories et leur rendre une vie autre, leur trouver de subtils mariages, une vérité inlassable, et un charme souverain.<br /> Et une telle poésie pourrait ramener un mendiant à de célestes sentiments.<br /> 5 mai 2009
Répondre