Une parole, éblouie,
dont on ne tombera
plus jamais,
une parole, drue,
chargée de ciel,
de ciel et d'émoi.
Une parole que l'on brandit,
à bout de bras,
à bout de forces,
pour traverser la nuit.
Sais-tu la caresse du poème,
le soleil embusqué dans les mots,
l'attente de l'autre versant ?
Il aura fallu franchir
les hautes terres du verbe,
être à la fois l'oiseau et son chant,
le jour et la grâce du jour.
Il aura fallu le déploiement du blanc,
l'ondulation de l'encre,
une mémoire ligneuse.
Chaque pierre m'est parole.
Chaque pierre garde trace.
Et toi, de croître dans l'apparente immobilité.
Dans les archives lapidaires
bruissent les veines des mots.
Viens jusqu'au coeur assidu,
viens,
car il faut tout refaire.