Cueillir une parole, rouge ou ténue, violente ou fragile, comme on cueille un visage, le soir, au bord de l'amour
On ira ensemble
vers les nuages
les réponses
et les ultimes forteresses
On écoutera
les graines germer
à nos aisselles
la barge
remonter l'enfance
Quand les paroles
trop rouges
auront dégagé un chemin
dans nos poitrines nues
nous pourrons gravir
intempéries
regards inquiets
ronces du temps
Lèvres salées
lèvres légères
renoueront avec visages d'écorce
mots souples et juteux
Aux corsages des jeunes filles
nous saurons l'épaule
parfaite des collines
l'impatience de la vigne
le lait qui mûrit
Nous saurons
que le déferlement a commencé
et qu'il vient de plus loin