Cueillir une parole, rouge ou ténue, violente ou fragile, comme on cueille un visage, le soir, au bord de l'amour
J'oublie que mon corps est une île.
Nos mains se cherchent,
tes terres me rejoignent.
Accostée par le ciel,
je ne garde rien, qu'un peu de bleu
tassé sous les ongles
car la neige va venir.
Il faudra que tu écoutes
puisqu'au même moment
désir et accomplissement
seront perceptibles.
Si le froid dérobe mes seins
le rivage restera inaccessible.
Quelle réponse rendra alors
le trajet possible
de ma vie à ta vie ?
A qui dirai-je ce que j'ai appris
au-delà de ton regard ?
Dans la patience de l'eau
nous trouverons refuge.
Il faudra aimer
ce qui rassemble
ce qui sépare
la nuit claire de nos bras
la demeure déconcertante.
Il faudra aimer la résonance,
l'ombre nue.
Il faudra aimer.
Il faudra que tu écoutes.