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Cueillir une parole, rouge ou ténue, violente ou fragile, comme on cueille un visage, le soir, au bord de l'amour

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Refleurit une brèche

Les vieux jardins ignorent l'éloquence.

Pour partir en voyage
ils enterrent les reproches,
les recouvrent de cendres.

La nuit part devant,
sans amer,
sans ancrage.

Quand la tourbe se creuse,
pubis de mousses et d'héliotropes,

que dire des orages

qui voulaient faire escale

et immolent, soudain,

un peu de leur violence ?

 

Les pierres atrophiées

dans des gorges trop sèches,

les branches taciturnes

sur les corps qui s'esquivent,

les vocables, décousus,

qui pendent, en lambeaux,

les fissures, les gerçures,

les craquelures, les ratures,

les boursouflures,

 

comment défriper les bouches qui se tordent ?

Las et touffus,
ils s'appuient à l'épaule
d'une brûlure,
d'une femme.

Dans le miroir jauni
refleurit une brèche.

Le mensonge s'efface,
le gouffre est contourné.

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B
Pardon, Sedna, de ne pas vous avoir répondu plus tôt. Je vous souhaite un magnifique Printemps des Poètes. Amitiés.
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S
Que la brèche s'élargisse pour laisser entrer le printemps dans les jardins du coeur. Amitiés SED
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