Cueillir une parole, rouge ou ténue, violente ou fragile, comme on cueille un visage, le soir, au bord de l'amour
Il y a l'automne des mains qui lacère la vigne, les tiges dures qui se rompent, et la fraîche carcasse du ciel qui écrase ton enfance et des raisins.
Comme si tu pouvais marchander la prochaine saison, tu te tiens arc-bouté sous les piliers du vent, mâche la nuit et son vin outre-mer.
Tu vois se resserrer le carcan des heures, habitacle de suie rempli de vestiges.
Pourtant, tu peux aller au lavoir, tu peux aimer le sommeil de son eau et décaper enfin ton vieux sang et tes os.
Il y a en toi tant de cimes, tant d'ogives à construire.
Il y a en toi tout ce vert qui s'impatiente.