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Cueillir une parole, rouge ou ténue, violente ou fragile, comme on cueille un visage, le soir, au bord de l'amour

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Pluie d'étoiles

Le vent du nord

Naseaux fumants

Encolure d'ébène

 

Le vent du nord

Lapidaire et tonitruant.

 

Sur la lande

Frottée de cinglantes

Poussières,

Il dévale et galope

Et sa croupe indocile

Ondoie parmi les herbes.

 

Etirée de toute sa blondeur

Sur ce grand corps de bête,

Une femme,

Saupoudrée de brume,

Ecarlate le jour.

 

Eblouissant,

Le sillon qu'elle trace,

De cuir et d'écume,

Dans l'air tremblé du soir.

 

Le sillon d'une parole

Dont elle seule

Sait couver les racines.

 

Et les reins de la femme,

Soudés aux reins de l'animal,

Rutilent et s'embrasent,

Ouvrant sur leur passage

L'horizon ébloui.

 

Pluie d'étoiles,

Hennissement rouge,

La parole, enfantée,

Libère sa foudre.

 

L'heure crie,

Pleine et lisse,

Et roule,

Baignée de sueur,

Dans les draps fins

Du ciel.

 

Crinière de miel,

Crinière d'ébène,

Flottent et se mêlent

Où le ciel parle

A la terre.

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P
Il y a les poèmes qui murmurent, ceux qui susurrent, comme bercés par leur musique, et qui viennent s’alanguir.<br /> Et puis il y a ceux qui se dressent, que leur lyrisme fait cabrer, et secouer tout l’espace mental. Ils veulent réveiller les forces cosmiques anciennes, ils veulent aussi se mêler à elles, et se marier aux origines. <br /> « Pluie d’étoiles » est de cette haute trempe : un poème qui fouette et cingle, et rentre lui-même dans le vent, et s’en saoule et vole sur lui. Et rarement tel érotisme aura eu ce goût, cet instinct de fièvre cosmique, qui unit un couple au monde des énergies vitales, et le rend à l’état de mythe ébloui, comme un centaure amoureux filant ivre vers l’horizon avant d’avaler les étoiles.<br /> Et de ce phénomène quasi sismique, de cette secousse du monde, renaît enfin le verbe cru, avec son goût de morsure, sa robe de chair et son armure d’électrons. <br /> Et ce poème qui a la puissance de soulever des chevaux lance jusqu’au ciel une écharpe de cris. Jet de soufre et d’incandescence, qui en finit une fois pour toutes avec les roses et les angélismes, pour se jeter à corps plein dans le soleil et dans la chair, dans le souffle et dans la lumière.<br /> 19 mai 2009
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B
de très beaux textes sur ce blog <br /> merci
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B
j'aime beaucoup les images de ce poème<br /> heureusement qu'il y a la poésie<br /> tilk
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B
Merci, gmc, de me renvoyer l'écho de ton gel...Il ne nous reste plus qu'à chevaucher le vent !
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A
Puisqu'ici-bas toute âme         Donne à quelqu'un Sa musique,sa flamme,         Ou son parfumPuisqu'ici toute chose         Donne toujoursSon épine ou sa rose         A ses amours ; Puisqu'avril donne aux chênes         Un bruit charmantQue la nuit donne aux peines           L'oubli dormant ;V.Hugo
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