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Cueillir une parole, rouge ou ténue, violente ou fragile, comme on cueille un visage, le soir, au bord de l'amour

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L'appel

Depuis des nuits

Je savourais l'appel

Mûri au jardin

Du secret.

 

Corps dressé

Comme un arbre,

Ebène de la voix

Polie par le sable,

La longue soif éclairait

Le chemin.

 

De l'inépuisable partage

Des mains et de l'eau

Naissait une pâte

A rassasier le ciel.

 

Chaque soir

Le fruit pensait au matin,

Usait la nuit profonde.

 

Des lèvres effritaient le soleil,

Les paroles s'égouttaient

A l'ombre des dattiers.

 

Moi, la sablonneuse,

La crépitante,

J'entrais dans la pierre

Comme on entre dans le sang,

Déployant mes racines

Pour fleurir le silex.

 

Labyrinthe de falaises,

Trouée d'orties blanches,

Eclat de la roche

Qui pousse loin

Ses mains suppliantes.

 

L'odeur du feu,

De nos conciliabules

Cuits au désert,

Grésillait dans la nuit

Qui tendait entre nous

Son drap de laine épaisse.

 

Accroupie

Comme pour l'enfantement,

J'alimentais le feu

D'un peu de bois sec.

 

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B
C'est surtout très bien d'avoir des amis qui apprécient vos "lainages"...?!
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C
Merci de si bien filer tes mots et tes images !
Répondre
B
Merci, Ile, de ta fidélité. Et si on allait voir "là-bas" comment ça crépite, comment ça grésille...?!
Répondre
I
"Moi, la sablonneuse,<br /> La crépitante,<br /> J'entrais dans la pierre<br /> Comme on entre dans le sang,<br /> Déployant mes racines<br /> Pour fleurir le silex.<br /> <br /> Accroupie<br /> Comme pour l'enfantement,<br /> J'alimentais le feu<br /> D'un peu de bois sec."<br /> <br /> Ces deux passages sont magnifiques !
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