Cueillir une parole, rouge ou ténue, violente ou fragile, comme on cueille un visage, le soir, au bord de l'amour
Tu as suivi les transhumants
Au-delà des combes
Et du dernier arbre.
Ton pas s'est égosillé
Sur les ardoises,
Tu as laissé tes loques
Comme un serpent
Abandonne sa mue,
Et sur l'arête de l'aube
Tu as tranché tes derniers
Liens.
Debout face à l'horizon
Tu n'as plus de questions.
Ta présence s'ébruite,
Se répercute sur les granits
Sans âge.
Il fait tellement jour en toi
Que tu traverses tout,
Débusquant sources
Et gisements de ciel.
Par les racines
Nouées aux schistes,
La rumeur des crêtes
Tramée à ta voix de torrent,
Tu retournes à toi-même.
Tu peux à présent
Déposer tes crépuscules,
T'allonger dans la permanence
Du bleu.
T'allonger pour l'amour.