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Cueillir une parole, rouge ou ténue, violente ou fragile, comme on cueille un visage, le soir, au bord de l'amour

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Enfin la maison

La vague, la brûlure,

La caresse, l'errance,

Tout ce ciel à nos bouches

Qui ouvre le grand large.

 

Contrée de chardons bleus,

D'épices et de sueur,

Où les souffles prodigues

Déposent sur le sable

Une mémoire lourde,

Des mots vivants.

 

Les femmes

Abandonnent leurs bras.

Au tiède de leurs hanches

S'enroulent les rythmes

Moites des tropiques.

 

Lancinant,

Le dialogue du  ventre

Avec le feu

Quand le pays renaît

Pour d'autres découvertes.

 

Crue des corps,

Fluidité des croupes.

Sous les palmes

L'odeur rauque d'un ciel

Qui n'en finit pas de s'étendre,

D'une peau

Qui n'en finit pas de croître.

 

Pas de parole déchirée,

Pas de voile délabrée,

Pas de saison routinière,

Rien que des seins

Chauds et noirs,

Un espace desserré,

La rondeur amicale

D'un air sans coutures.

 

On rame

Dans les branches,

On écrit cassis,

Jeunes filles, oasis,

On veut rire

Et danser

Et les couleurs

Bavardent.

 

Au bout des voyelles,

Entre lèvres et cannelle,

C'est enfin la maison.

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B
Moi aussi, j'apprécie beaucoup les longs textes ou les plus brefs messages que je découvre à la  suite de mes poèmes! L'essentiel étant de partager, de vraiment communiquer dans les deux sens.
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C
Il y a vraiment de très beaux écrits sur votre blog, j'ai bcp apprécié!!!
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G
CALME FRENESIEDans la maison de l'homme jouit la peau irisée de la femme, s'effeuillant d'arc-en-ciel en arc-en-ciel dans les masures de cristal qui s'abandonnent au charme incandescent. Les torrents pourpres caressent le vent, l'aurore fait l'amour avec le crépuscule, le temps n'est plus qu'un vague souvenir flottant au gré des soubresauts de l'imaginaire, un dessin à repeindre en luminescences boréales, une tapisserie de plasma érotique. Un souffle écru détermine des trajectoires immobiles, une arabesque de folie irradie des spirales enluminées, un oeil ébloui contemple de sa main ouverte les déhanchements troublants de sa partenaire d'orage. Et dans la caresse soyeuse du feu qui fait frémir les mondes, le diamant brûle d'un pur éclat de joie.
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