Cueillir une parole, rouge ou ténue, violente ou fragile, comme on cueille un visage, le soir, au bord de l'amour
Parfois, dans mes cheveux,
éclatent tes orages.
Tes baisers amarante
fouillent les lointains,
interrogent le feu.
Tu es ciel et montagne
et au velours de tes replis
s'accomplissent nos noces.
J'aimerais arrêter
l'usure des rochers
la marche du temps
qui ferme les mers.
Tout commencerait :
la gloire de nos corps
déployée sur la puissante terre,
l'aube et le soir
accoudés aux lavandes.
Et dans la succession de vibratos légers
j'approcherais les premières syllabes,
les sèmerais parmi les foules en deuil.