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Cueillir une parole, rouge ou ténue, violente ou fragile, comme on cueille un visage, le soir, au bord de l'amour

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Matin de bouches

Ne cherche pas à dire,

réfuter, expliquer.

 

C'est lorsque tu es

sans vestige

que t'inonde le vrai feu.

 

Matin de bouches,

matin de neiges,

vierges.

Un halètement

venu de très loin

dénoue les apparences.

 

Le grand large titube,

saôul de la fonte des ombres.

Un cerne de sueur

s'agrandit à l'aisselle

du ciel.

 

Il fait radieux sous les ailes,

il fait chaud sous les plumes.

 

Elle s'étonne

de la jonchée des astres,

des pépites de sel

que tu tiens, bien serrées,

dans le creux de ta main.

 

Elle te suit

quand tu descends l'orage,

elle te suit,

celle avec qui tu vécus

d'autres rives.

 

 

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P
Il y a de ces poèmes, frémissants, instables comme un oiseau ivre : chavirés comme les humeurs de leurs auteurs, et qui vous chavirent à leur tour. Surtout ne pas vouloir leur rendre cette espèce d’unité qui leur ferait défaut, alors que l’on y sent la marque d’une vie qui flanche et peut sombrer, d’un cosmos qui bascule, d’un ciel qui va s’ouvrir, d’une âme qui enfin irradie, éclairée par la vie revenue.<br /> D’ailleurs l’unité est là. Et celui qui fréquente la poésie de Brigitte Broc, ayant au cœur même de l’âme le sens de tous les chavirements, l’âpre goût du néant autant que le miel sauvage de la ferveur, sait bien ce mouvement qui hante les âmes habitées, et qui passent de la torture à l’extase en quelques strophes inspirées, je veux dire soufflées par l’Esprit.<br /> La torture peut se faire promesse, elle anéantit comme elle lave. Elle rince l’être en son entier. L’homme ordinaire peut s’y noyer, l’artiste s’y ressourcer. Ce n’est jamais simple ni drôle, c’est sérieux comme le halètement de la chair qui se refuse à mourir, mais cela se fait : il faut juste savoir s’opérer vivant, et revenir au monde en supplicié avec des étoiles sur la peau et des bisons dans les yeux.<br /> Encore un salut à celle qui sait opérer le cosmos et faire couler le suc d’espoir en ce monde aride et qui lapide.
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B
Merci, Isabelle, de votre visite !
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I
d'accord avec Ile, j'aime beaucoup tout le poème, mais les cinq premiers vers sont exceptionnels et forment une unitétrès impressionnant
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B
Contente, Ile et Colette, de votre visite et de votre implication.Tout est en effet subjectif, et il y a tellement de façons différentes de ressentir et appréhender les choses.<br /> Merci, Viviane, de votre simplicité...et de votre doigt posé sur les lèvres ! A très bientôt.
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B
Contente, Ile et Colette, de votre visite et de votre implication.Tout est en effet subjectif, et il y a tellement de façons différentes de ressentir et appréhender les choses.<br /> Merci, Viviane, de votre simplicité...et de votre doigt posé sur les lèvres ! A très bientôt.
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