Cueillir une parole, rouge ou ténue, violente ou fragile, comme on cueille un visage, le soir, au bord de l'amour
Des semaines dans ce coin de terreavec la forêt pour tout bagage A mes côtés, le loup pétri de silencerepousse la nuit Virginité de l'instantde mes lèvres mouillées de ciel Les mains du ventsculptent mon chantet le chemin entonne des joies de bleuetsde...
Lire la suitePose l'été entre la menthe et ma peau j'ai seulement besoin d'incliner ma chair un peu plus sur le vert Quel espace offrent les lèvres du lierre après avoir longé feuille à feuille les jeunes pierres qu'aiguisent les aveux ? Elle n'est pas loin la demeure...
Lire la suiteOn ira ensemble vers les nuages les réponses et les ultimes forteresses On écoutera les graines germer à nos aisselles la barge remonter l'enfance Quand les paroles trop rouges auront dégagé un chemin dans nos poitrines nues nous pourrons gravir intempéries...
Lire la suiteEntre l'étang et ton regard j'ai bâti ma maison. Présence, à ciel ouvert, le jardin est cette eau où tremble ton visage. Tu dis : "ovale, mousse, repos". Tu sais l'effort immense de la porte qui clôt. Toi, la ligne boisée de ton dos, moi, voyageuse arrêtée...
Lire la suiteIls ont marché longtemps sur les rivages blancs Se sont fait accoster par l'été un ange ou deux le désir Ils ont interrogé le vent rincé leurs idées toutes faites écrit la vie dans les pierres salées On entendait, de loin, la danse de leurs âmes le pouls...
Lire la suitePollens que déshabille le vent Un parfum entêtant traverse ma solitude S'ouvre en moi une terre de mains douces d'odeurs majuscules que ma peau attendait S'enfle, aux confins, le sang taciturne et les vieilles saisons ont soudain le goût de pommes vertes...
Lire la suiteEspérer, encore Espérer, malgré S'emparer de la lumière comme d'un gouvernail et appareiller pour l'autre Nous avons tellement besoin d'une grande fenêtre, de mots évasés, de gestes scintillants Quand la ronde s'allume, nous sommes tous là, à éparpiller...
Lire la suiteUne lampe Une chaise Une feuille Feuille blanche, feuille d'érable à écrire en vert par joie du commencement Et soudain cette bouche qui miroite au soleil De combien de mondes doit-elle encore accoucher ?
Lire la suiteLes mots, couronnés de lait et de vin, les mots, tapis dans la moiteur des langues, ont-ils jamais connu la soif ? Si je dis sable, une rivière s'émiette. J'apprends alors à marcher à pas lents, à fredonner joncs et rizière. Si je dis femme, une barque...
Lire la suiteTous ces fleuves en moi en quête d'une source, tous ces enfants en moi en quête d'une mère. Leur eau, leurs visages et leur peau lentement se confondent. Et viennent sourdre. Et viennent battre. Au large de moi le livre s'écrit seul quand jaillissent...
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