Cueillir une parole, rouge ou ténue, violente ou fragile, comme on cueille un visage, le soir, au bord de l'amour
N'essaie pas de comprendre, de retenir. La clarté est nomade qui passe de l'autre à toi, de la feuille à l'étoile. La connaissance tient dans ce coquillage que l'enfant porte à son oreille. Tu ne peux dire le tumulte, ni le silence, seulement t'y engouffrer....
Lire la suiteOn pourrait ajouter un collier d'orages à cette phrase qui commence on pourrait parler des choses qui battent là sous la terre dans mon sang des choses qui bougent dans le basalte Une pluie, un jour, a fait le chemin à l'envers Sur mon front un nuage...
Lire la suiteEn avant du jour un jardin s'étire, installe sa fraîcheur. Il est allé loin cette fois, a failli chavirer derrière les carreaux de mon cahier. Conciliabule entre une syllabe et un carré de choux. Efflorescence du A majuscule qui, peu à peu, prend le large....
Lire la suiteVous serez là derrière le mot le plus haut. Les murs, depuis longtemps, seront à terre. Je ne vous aurai pas vu arriver mais l'ondulation sur la page m'aura parlé de vous révélant votre pas avant même que vous ne marchiez. Prodigue, la ferveur avec laquelle...
Lire la suiteA l'instant où je le vis, j'étais en train de finir mon café. Je me levai, laissant dans le fond de la tasse mon existence d'avant. Je le suivis sur le trottoir d'en face. Nos gestes, qui se taisaient, soulevaient des pans entiers de ciel. Je sus les...
Lire la suiteDe l'autre côté un enfant dit "je t'aime" au matin qui poudroie. Roulent quelques agathes dans le matin si frais. C'est toujours la même chose quand on marche à reculons. Le Monde se penche sur nous, nous octroie l'embrasure. Juste au centre, au centre...
Lire la suiteAu ras-du-sol quand le chemin se calme, revient en nous la force d'expier. Nous refermons sans bruit le geste d'agripper, ajustons la terre à la mesure de nos bras. Enlacer, étreindre, prier. C'était hier le parfum âcre des ronces. Aujourd'hui porte trace...
Lire la suiteIl faudrait pouvoir écarter les ongles, les becs, les griffes, entrer dans le vrai, la plume, le pelage, l'humus. Se perdre dans la complicité, augmenter d'une étamine les parterres violacés. On croit découper des étoiles de papier, les coller dans des...
Lire la suiteElle a pris goût à l'horizon. Elle ne veut plus mordre la poussière, tenir les mots en laisse. Toutes ces nuits de braconne, ces pauvres années, ce désert sans cesse à traverser. Pour qui ? Pour quoi ? La mémoire fait le guet qui choisit des lieux de...
Lire la suiteMots d'avant l'orage. Toucher de mousses et de pollen. Un amour s'avance dont elle connaît le rire, passage vers avril. Blancheur des sèves, de la bouche qui prépare le fruit. Elle se souvient du piano sur la plage, du vol des hirondelles, des bulles...
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