Cueillir une parole, rouge ou ténue, violente ou fragile, comme on cueille un visage, le soir, au bord de l'amour
Pour nous installer, toi et moi, dans la permanence du souffle, nul besoin d'interroger la frauduleuse matière qui accomplit ses rites si loin de notre joie. C'est ici-même, à l'aval sauvage de nos visages, que s'enhardit la lumière. Portés par sa jeune...
Lire la suiteSur des vitraux de pierre ricoche le plain-chant. Agenouillés, les cris sont en prières, les cris d'avant la nuit. On entend l'appel furtif d'un pays qu'on ne connaît plus. Son écriture a créé un passage, attend la venue. Espace cicatrisé où s'arrondit...
Lire la suiteA quoi bon le flot si les mains se referment ? A quoi bon la demeure s'il n'y a plus de chemin ? Il te reste des loques, des débris de lumière. Il te reste les mots. Même écorchés, ils étincellent. Même entourés de dédain, ils rutilent. Sevrée d'été,...
Lire la suiteDepuis toujours je sais la main qui touche les mondes. Contours diffus, marche allègre, elle investit le sang, divulgue la lumière. A toute plainte, à toute pierre qui demandent asile, elle répond infini et offre les premiers lilas. Il suffit d'aimer...
Lire la suiteDésormais sur la page nous habitons le même mot. Lieu privilégié d'une seule respiration. Le vent des cimes nous écoute et aux confins du langage la chair profonde nous unit. Epelle la tendresse. Je sais que tu as déjà écrit mon visage, déchiffré le ciel...
Lire la suiteA force de tanguer dans le magma des phrases, la main ne trace plus que des gorges brûlantes. Le vieux pays, pourtant, est assise confortable à ceux tombés en vol. Ses rues circulaires, le bois profond de son haleine retournent au bercail qui est arbre...
Lire la suiteSois rassuré Le jour est proche où tu seras traversé Amplement tes bras s'évaseront Sourcier d'aurore tu respireras à pleines futaies le pollen transparent Tu reboiseras le ciel de chants et d'algues frêles et partageras ce pain avec l'autre qui avance...
Lire la suiteGravée dans la nuit, sa blessure est ouverte. Aux murs d'ombre elle a collé sa bouche. Sa parole, en lambeaux, a laissé aux orties la pulpe des mots. Assise sous un saule, elle égrène ses peurs. Ses mains, raides et nues, ne savent plus prier. Pourtant,...
Lire la suiteUn jour, elle s'est blottie sous la paille d'un mot. Elle a reçu en plein visage l'envol des collines et leur floraison. Depuis, elle tresse des joncs dans l'obsédante clarté de matins toujours neufs. Elle rêve de s'ouvrir champ pour raconter au vent...
Lire la suiteElle ne sait peut-être plus d'où elle vient, elle ne sait peut-être pas qui l'habite, mais, immobile sur elle-même, elle enferme la nuit, contient le silence. Au plus près de ses murs, elle fait pousser une étoile. Sa demeure abrite le chemin : bêtes...
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