Cueillir une parole, rouge ou ténue, violente ou fragile, comme on cueille un visage, le soir, au bord de l'amour
Pattes d'oiseau sur le devant du coeur. Dans l'abri de l'oreille froissement de ses mots jalousement gardés. Quelques mots. L'amant est loin, aussi loin que le lieu où je le rencontrai, aussi loin que sa voix. J'attends son regard pour me propulser du...
Lire la suiteJ'oublie que mon corps est une île. Nos mains se cherchent, tes terres me rejoignent. Accostée par le ciel, je ne garde rien, qu'un peu de bleu tassé sous les ongles car la neige va venir. Il faudra que tu écoutes puisqu'au même moment désir et accomplissement...
Lire la suiteQue sommes-nous ? Qu'avons-nous été ? Vers l'autre qui s'avance, qu'on ne reconnaît pas, tendrons-nous la main ou plutôt vers ce vent qui coule et emporte nos pas ? A force de rouler dans le fleuve, de mêler son souffle aux eaux du delta, on en est arrivés...
Lire la suiteReste au fond de moi là où personne ne peut te trouver. Dans les vastes pièces que je cède aux oiseaux des tilleuls ont poussé. Tu peux y poser le nid de ta parole, attendre son envol. La glaise a crié d'où tu as extirpé des champs et des ruisseaux. Porte-les...
Lire la suiteOn marche dans le ciel. Entends-tu les myosotis qui s'entrechoquent et toute cette lumière qui neige sur nos nuques ? Au milieu du tapage de tièdes naseaux palpitent. Flancs puissants moulés dans la nuit, chevelure ébouriffée de lunes, il bouscule les...
Lire la suiteUn jour entier entre les lignes, transmettre la blancheur, s'ébrouer dans les signes. De l'éclair au point, des éboulis à la virgule, tout un pays transporte sa patience, ses noms, l'arête bleue de son architecture. Terre pacifiée où j'ose raturer les...
Lire la suiteToute une nuit, le ciel avait trimbalé ses étoiles, fait cliqueter miroirs et poulies. De cet autre côté, on avait ouvert les persiennes, dépoussiéré les sentes. Les mains, rebelles, insistaient, brisaient sur la pierre les restes de noir. Les statues...
Lire la suiteOn vivait dans cette déchirure, le coeur bruissant et les yeux grands ouverts. Il n'y avait ni lune, ni soleil, juste un enfant aux mille doigts d'écume. Les mots se hâtaient vers une bouche à nourrir. On cherchait l'autre saison, celle qui héberge le...
Lire la suiteToi, l'arpenteur de mes terres, tu es venu de si loin, t'es accroupi en face de moi, de l'autre côté du feu La nuit a cédé Le temps est allé se poser dans un coin Pillé par des regards d'acier mon visage s'éteignait Crevassé de solitude, meurtri d'attente,...
Lire la suiteQuand reviendra-t-il le sauvage, le premier, loger sous ma peau ? Quand passera-t-il mon sang pour boire avec moi le vin coupé de lune ? Nous avons franchi tant de nuits, ouvert tant de regards. Sous une autre parole les visages se sont ajustés, les races...
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