Cueillir une parole, rouge ou ténue, violente ou fragile, comme on cueille un visage, le soir, au bord de l'amour
Es-tu engourdi toi qui arrives de l'hiver et ne sais divulguer les à-pics de ta force ? L'arôme givré de tes épaules brasille à mes lèvres, raconte l'enclume du gel, l'étreinte vorace du silence. Au carrefour des brumes j'ai retrouvé ton nom qui flottait,...
Lire la suiteToutes ces chambres, ces rives, que le sommeil a quittées pour dépoussiérer la pluie. Comment nous reconnaître dans les méandres de la nuit ? Comment nous rejoindre sous les dépouilles de la soif ? Je serai près des traces, proche du vertige et de l'essor...
Lire la suiteEpuisée de courir après mon ombre, j'ai choisi de suivre l'hiver et son pas de misère. Affamé, chancelant, il fraie sa route sur nos peaux concassées. Derrière les murs aux cernes violets, quelques visages s'éteignent de n'être que frôlés. Lenteur du...
Lire la suiteSe faufilent, à la saignée du regard, les longues nuits narratives. Charriant le limon des grands fleuves, les paroles échouées sur les rives australes, elles déposent, sous les draps, les solitudes domptées et le fracas des aubes ultra-marines. Que faudra-t-il...
Lire la suiteComment ne pas plier sous le poids du ciel ? Comment, de l'absence à l'absence, retrouver le chemin de soi ? Avance. Avance jusqu'au bord extrême du mot. Saisie de vertige, éblouie de blancheur, emplis-toi de son souffle. N'erre plus, seule, avec ton...
Lire la suiteJ'ai tellement pétri de linges sur les rives naissantes de mars, que de sombres corolles ont quitté mes épaules. Grosse de cent printemps oserai-je effacer les charmes et leur cime si près de s'arrondir pour imiter mes seins ? Quand les merles jacassent...
Lire la suiteJe voulais simplement marcher avec toi dans le vent. DEs puits d'amertume ont poussé au désert, des nappes de bitume ont englouti la mer. Je voulais simplement marcher avec toi dans le vent. Des bouches vénéneuses ont taillé les baisers, lacéré la chair...
Lire la suiteJ'ai su que toute parole était recueillement lorsque j'ai vu la danse des fleurs, le corps des fruits, le livre ouvert du feuillage. Vert si proche que mon regard s'embue de rosée, vert ami où s'enracine ma joie. La foi brute est ce goût d'herbe sur la...
Lire la suiteA l'entrée de la chambre, ne pas plier le ciel, simplement cueillir quelques oiseaux pour en faire une phrase. Il y a de la salive dans cette phrase d'air, de la salive et des orchidées rouges dans le geste d'amour. La main se souvient d'avoir été foudre...
Lire la suiteRien ne nous a préparés à ce flamboiement. Nous avions attendu des paupières lourdes, une bouche close, des mots accablés. Frémissement à l'orée. Le gué franchi, nous apprenons la langue des âmes. Vois, le jour se resserre sous l'auvent de nos bras. Tout...
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