Cueillir une parole, rouge ou ténue, violente ou fragile, comme on cueille un visage, le soir, au bord de l'amour
Il est tôt maintenant, la page n'a pas encore été écrite. Les virgules, la marge dansent dans l'air, bourgeons incandescents. Les mots, insalubres, n'ont pas trouvé le souffle. Y aura-t-il une parole, une seule, capable de trouer la paroi ? Break the...
Lire la suiteTerre labourée vers laquelle les paumes se tendent Terre de la page où les mots s'enracinent Dans la moiteur des lignes s'ébrouent les astres Derrière ton visage poussent des immortelles et la fleur des voyelles Il faudra arroser pour déjouer la nuit...
Lire la suiteJ'ai cherché, au nord, au sud, sous l'écorce du chêne, sur les tréteaux du vent J'ai lancé à la face de la page la parole infranchissable, ses racines d'oraison J'ai dressé vers le ciel sans concession mes mots ensanglantés, j'ai ouvert les bras, fermé...
Lire la suiteLes vieux jardins ignorent l'éloquence. Pour partir en voyage ils enterrent les reproches, les recouvrent de cendres. La nuit part devant, sans amer, sans ancrage. Quand la tourbe se creuse, pubis de mousses et d'héliotropes, que dire des orages qui voulaient...
Lire la suiteJe tracerai dans l'eau de tes yeux des sentiers de printemps bordés de tonnelles, de loriots et de trèfles. A l'heure où naissent les ruisseaux, j'effeuillerai le vent, tisserai de grenat ses murmures de perle. Les étoiles tombées au fond de tes prunelles...
Lire la suiteJe sais l'heure où la nuit éclate ses fruits trop mûrs. Sous la porte qui mène au jardin d'infinitude coulent nos mains. Le chemin pleure la perte des visages, franchit ton seuil pour allumer la source. Passés les écueils des poussières tapies sous nos...
Lire la suiteDans le puits la vieille femme a jeté ses derniers regrets. Sur la fragilité du soir elle ramène ses lourdes jupes noires. Déjà transparente pour l'herbe à venir, elle tresse ses larmes et les offre à la pluie. Elle aimerait moissonner la cendre, ouvrir...
Lire la suiteIl raille le fleuve de courir vers la mer, préfère la lenteur qui borde le ciel blanc. Il a tout dit, du déferlement, de la luxuriance, du geste qui ferme la pluie. Au commencement son horizon a creusé le ventre pour que puissent y dormir la terre oubliée...
Lire la suiteMon père parle. A petits mots, frottés de ciel, il trace la route qui conduit aux ancêtres. L'escortent ses mains, vieilles et noueuses. Elles défrichent, ouvrent des brèches dans le mur du temps. Là, derrière ces façades, il y a des gestes pauvres, la...
Lire la suiteElle dansait sur l'écriture celle qui sait les connivences du verger. Elle dansait, farouche et pure. A-t-elle reconnu ton regard dans le fossile, ton pas dans le poème ? Sous l'odeur brune des mousses elle a caché des mots, s'en est retournée au début...
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