Cueillir une parole, rouge ou ténue, violente ou fragile, comme on cueille un visage, le soir, au bord de l'amour
Dans le galet meurtri de soleil s'impatiente la houle. Flux et reflux de mémoire sillonnent l'instant. Délivrée du fardeau de la connaissance, la vague berce le ciel et la mère blessée lèche ses aisselles salées, s'évade de ses rives confinées. Lentement...
Lire la suiteTu marcheras jusqu'au bout de la page. Entre tes orteils quelques mots oubliés ressurgiront pâles, à peine mouillés. Après avoir franchi des oasis, des oseraies, l'herbe et le sable te donneront le chiffre de l'eau. Calligraphie mouvante aux lettres caduques,...
Lire la suiteTu me vois passer, sous de mystérieuses fenêtres, le front mouillé d'étoiles. Un beau geste de feu enfle et s'épaissit, et la voix est ardente sur la pierre de nuit. Maîtresse des lointains, de leurs parois de verre, je suis antre ligneuse, ventre bombé...
Lire la suiteComment se pencher sur la fragilité de ton eau, sur tes terres à présent déshabillées ? Martèlement de ton sang à mes tempes, crue de tes mots si longtemps retenus. Est nécessaire la patience de l'arbre qui pousse, seul, dans la maison ouverte, accueillant...
Lire la suiteTe voici, à nouveau, lissant la joue des prés, un fleuve à la main, de frêles paroles autour du cou. Tu sais lire les vergers, pousser avec les fruits. Entre tes doigts, les pulsations du ciel. Pour pleinement habiter le jour, tu t'écartes des ronces...
Lire la suiteÀ la lisière du silence la maison largue les amarres. Lente, placide, l’allée désagrège ses derniers pas. Visages d’hier, immergés dans les glycines, captifs d’étoiles qui roulent sous le toit, visages d’hier, sans hâte, désempierrent l’attente. Goût...
Lire la suiteUne parole, éblouie, dont on ne tombera plus jamais, une parole, drue, chargée de ciel, de ciel et d'émoi. Une parole que l'on brandit, à bout de bras, à bout de forces, pour traverser la nuit. Sais-tu la caresse du poème, le soleil embusqué dans les...
Lire la suiteNous marchions en de vastes forêts. L'air, vibrant et doux, crissait sous nos dents et dans nos bouches gourmandes installait sa demeure. Tapi sous les frondaisons, l'été ronronnait. A sa ceinture, quelques javelles, et un caillou, pour la soif. Sans...
Lire la suiteLe vent au fond des yeux promet des heures claires. Et je veux me marier à la voix rocailleuse de ces jours égarés dans le pli des feuillages. Serré tout contre moi, l'air me fait don des odeurs en crue du poème. Offrande sans âge. Nous sommes le lieu...
Lire la suiteA l'angle de la nuit il est une porte. Nuit déferlante, porte chargée de siècles. La nuit qui nous aimait nous rend les ombres, la semence des mots, l'inaltérable présence. Et la bête s'en va. Où les cris ? Où les fiançailles ? La nuit est à vif, la question...
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