Cueillir une parole, rouge ou ténue, violente ou fragile, comme on cueille un visage, le soir, au bord de l'amour
Tu prends ton envol sur la page vierge. Dans la marge, quelques galets te parlent de la mer. Entre deux gros carreaux, une frange d'écume. Tu voudrais frôler le velours des contes, entendre le ciel crisser sous tes pas. Baigné de phrases, tu es artisan...
Je vous propose de me retrouver vendredi 18 octobre à partrir de 18h à la médiathèque de St Raphaël, Place Gabriel Péri. A l'occasion du vernissage d'Henri Baviera, je fais une lecture de textes de notre recueil qui vient de paraître "Bienveillance des...
Lèvres entrouvertes Un jour s'avance comme un jardin qui ne veut pas finir Obole de mars, les mains de la pluie échafaudent des alcôves, font danser les graines éparpillées Nous entrons dans chaque goutte pour devenir immenses Le jour et l'eau sont notre...
Je vous souhaite une très belle année 2014 ! Un ami m'a adressé ce poème de Jean Malrieu, au seuil de l'an nouveau, et je vous l'offre à mon tour : Ne serait-ce qu’une fois, si tu parlas de liberté, Tes lèvres, pour l’avoir connue, en ont gardé le goût...
Le jeudi 21 mars à 18h au musée Bonnard, 16 Boulevard Sadi Carnot, Le Cannet : récital harpe avec Barbara-Jane et poésie avec moi-même. Entrée libre Le dimanche 24 mars à 15h au jardin Gottlob de Mougins avec l'association "Les Mots d'Azur" présidée par...
Dans la chambre d’automne s’amoncèle la grisaille. Les fruits rouillés de l’insomnie ont laissé dans nos gorges épines et décombres. Toujours le même sang, le même amour hantent ces draps. Au creux du corps grince l’absence avec le vent du nord. Rideaux...
Saison inconnue. La tache claire du ciel cueilli après la pluie, la passementerie des mousses où rôde la chair comblée. Brûle la résine dans les grottes amères, la nuit écartelée glisse sur nos lèvres. On dirait un regard qui allume la neige, gîte sous...
Au passage du sang, les lointains exultent, limpides. Le bois bourgeonne de désir, le vert des paupières éclabousse un soleil. A peine un antre, pas même un gîte. Mais là se repose l'espace, sans blessure. On patauge dans la moire des feuillages, on écorche...
J'ai su que toute parole était recueillement lorsque j'ai vu la danse des fleurs, le corps des fruits, le livre ouvert du feuillage. Vert si proche que mon regard s'embue de rosée, vert ami où s'enracine ma joie. La foi brute est ce goût d'herbe sur la...
Dans le puits la vieille femme a jeté ses derniers regrets. Sur la fragilité du soir elle ramène ses lourdes jupes noires. Déjà transparente pour l'herbe à venir, elle tresse ses larmes et les offre à la pluie. Elle aimerait moissonner la cendre, ouvrir...
A quoi bon le flot si les mains se referment ? A quoi bon la demeure s'il n'y a plus de chemin ? Il te reste des loques, des débris de lumière. Il te reste les mots. Même écorchés, ils étincellent. Même entourés de dédain, ils rutilent. Sevrée d'été,...
Un jour, elle s'est blottie sous la paille d'un mot. Elle a reçu en plein visage l'envol des collines et leur floraison. Depuis, elle tresse des joncs dans l'obsédante clarté de matins toujours neufs. Elle rêve de s'ouvrir champ pour raconter au vent...
N'essaie pas de comprendre, de retenir. La clarté est nomade qui passe de l'autre à toi, de la feuille à l'étoile. La connaissance tient dans ce coquillage que l'enfant porte à son oreille. Tu ne peux dire le tumulte, ni le silence, seulement t'y engouffrer....
Tout en bas de la nuit il y a la lanterne magique de tes pas, la clameur de ta peau. Assourdissant, ce vert dans mon sang qui me pousse et me jette sur le parvis des bois. Ce que j'approche, les masures, l'arceau de ton chant, le bourdonnement des prés...
A l'entrée de la chambre, ne pas plier le ciel, simplement cueillir quelques oiseaux pour en faire une phrase. Il y a de la salive dans cette phrase d'air, de la salive et des orchidées rouges dans le geste d'amour. La main se souvient d'avoir été foudre...
En frôlant l'insaisissable le poème se découvre une chair. Apparemment des fragments de déluge irriguent ce lieu, dénudant les artifices. Tout près de la peau elle écrit sa vivance, rameute les branches, les mots qui s'effaçaient. Penchée à la fenêtre,...
Attendre sous les fleurs qu'une promesse passe. Lui ouvrir sa chemise pour qu'elle suce un sein. Dans le ventre chaud où poussent les roseaux, je glisserai ta main. Tu sauras le pourquoi du roseau, de mon ventre. Et puis un bouquet se fera. Il apprendra...
Se faufilent, à la saignée du regard, les longues nuits narratives. Charriant le limon des grands fleuves, les paroles échouées sur les rives australes, elles déposent, sous les draps, les solitudes domptées et le fracas des aubes ultra-marines. Que faudra-t-il...
On pourrait ajouter un collier d'orages à cette phrase qui commence on pourrait parler des choses qui battent là sous la terre dans mon sang des choses qui bougent dans le basalte Une pluie, un jour, a fait le chemin à l'envers Sur mon front un nuage...
Elle dansait sur l'écriture celle qui sait les connivences du verger. Elle dansait, farouche et pure. A-t-elle reconnu ton regard dans le fossile, ton pas dans le poème ? Sous l'odeur brune des mousses elle a caché des mots, s'en est retournée au début...
Je voulais simplement marcher avec toi dans le vent. DEs puits d'amertume ont poussé au désert, des nappes de bitume ont englouti la mer. Je voulais simplement marcher avec toi dans le vent. Des bouches vénéneuses ont taillé les baisers, lacéré la chair...
Toutes ces chambres, ces rives, que le sommeil a quittées pour dépoussiérer la pluie. Comment nous reconnaître dans les méandres de la nuit ? Comment nous rejoindre sous les dépouilles de la soif ? Je serai près des traces, proche du vertige et de l'essor...
Le vent au fond des yeux promet des heures claires. Et je veux me marier à la voix rocailleuse de ces jours égarés dans le pli des feuillages. Serré tout contre moi, l'air me fait don des odeurs en crue du poème. Offrande sans âge. Nous sommes le lieu...
L'air, la lune, le vent épais. Pas de frontière dans le bleu. Un chemin te convoque et c'est toute la violence des pruniers sauvages, de l'aubépine, de la chanson des mûres. La clé de sol râpe le silence. Infiniment, les enfants gardent l'été. Dans les...
J'ai cherché, au nord, au sud, sous l'écorce du chêne, sur les tréteaux du vent J'ai lancé à la face de la page la parole infranchissable, ses racines d'oraison J'ai dressé vers le ciel sans concession mes mots ensanglantés, j'ai ouvert les bras, fermé...