Cueillir une parole, rouge ou ténue, violente ou fragile, comme on cueille un visage, le soir, au bord de l'amour
Ne cherche pas à dire, réfuter, expliquer. C'est lorsque tu es sans vestige que t'inonde le vrai feu. Matin de bouches, matin de neiges, vierges. Un halètement venu de très loin dénoue les apparences. Le grand large titube, saôul de la fonte des ombres....
Parfois, dans mes cheveux, éclatent tes orages. Tes baisers amarante fouillent les lointains, interrogent le feu. Tu es ciel et montagne et au velours de tes replis s'accomplissent nos noces. J'aimerais arrêter l'usure des rochers la marche du temps qui...
Quand le ciel bouge en nous et que le vent tutoie nos sèves, les feuillages,apaisés, s'endorment sur nos lèvres. Visages de seigle et de pluie. Fluidité des peaux, des mains où loge l'énigme. Dans la lente circulation des menthes, l'ébauche d'un prodige....
L'heure fastueuse Parmi les visages lisses L'assemblée des grands ormes. On attend Que naisse un ciel Juste après la dune. On attend Que se défasse le jour Croqueur de pommes vertes. L'heure lustrale Où nous n'avons plus Qu'une maison, De calcaire et...
Le désir fou d'être là, A remonter sur ta nuque L'épais drap de mer, A lire, à rebours, Ton cadastre d'écume. Le temps est si lent Qui trace sur ton dos Son abécédaire de vent. Le temps est si lent Que poussent sous ses doigts La fleur de l'oranger, Une...
La vague, la brûlure, La caresse, l'errance, Tout ce ciel à nos bouches Qui ouvre le grand large. Contrée de chardons bleus, D'épices et de sueur, Où les souffles prodigues Déposent sur le sable Une mémoire lourde, Des mots vivants. Les femmes Abandonnent...
Tu as suivi les transhumants Au-delà des combes Et du dernier arbre. Ton pas s'est égosillé Sur les ardoises, Tu as laissé tes loques Comme un serpent Abandonne sa mue, Et sur l'arête de l'aube Tu as tranché tes derniers Liens. Debout face à l'horizon...
Les débâcles ont accompli Leurs rites d'usure Et de purification. Démêlés, les nuages Ont poussé le ciel Très loin, Jusqu'à la floraison. Pantelante de rosée, Elle implore les bulbes, Les racines, S'émeut des eaux païennes Qui lavent les ombres Et la...
Le vent du nord Naseaux fumants Encolure d'ébène Le vent du nord Lapidaire et tonitruant. Sur la lande Frottée de cinglantes Poussières, Il dévale et galope Et sa croupe indocile Ondoie parmi les herbes. Etirée de toute sa blondeur Sur ce grand corps...
Depuis des nuits Je savourais l'appel Mûri au jardin Du secret. Corps dressé Comme un arbre, Ebène de la voix Polie par le sable, La longue soif éclairait Le chemin. De l'inépuisable partage Des mains et de l'eau Naissait une pâte A rassasier le ciel....
Je te regarde Et, déjà, les eaux se retirent Vaste sillon Où la lumière Etanche nos soifs. Des couleurs du silence S'échappe un fil de soie Qui relie nos deux souffles Au mauve de l'horizon. Parcourues de sentiers Et d'aurores Mes terres se déploient...
Parfois je te rêvais La clé de tous les lieux, Des abrupts, des arides, Comme des bienheureux. Tes gestes moutonnaient, Ta parole, Appuyée au chambranle du vent, Etait lampe allumée Au seuil du pays clair. Parfois je te voulais De chaume et d'ajoncs....
Non loin de nous Dansent nos abîmes S'offrant la mer Où bat chaque parole. Le Monde est-il plus vaste Qu'un visage ? Quand les cris ont été Débusqués de leurs tanières Et que le jour, Convoquant ses touffes de verveine A échancré le doute qui nous incarcérait,...
On se sera assis face à la mer, parmi les chaises vides, la défroque des hortensias et les restes de l'été. On se sera cramponné au phare le plus proche, celui de deux ou trois lucioles qui se sont attardées. On aura tenté de déchiffrer la rouille qui...
Il y a l'automne des mains qui lacère la vigne, les tiges dures qui se rompent, et la fraîche carcasse du ciel qui écrase ton enfance et des raisins. Comme si tu pouvais marchander la prochaine saison, tu te tiens arc-bouté sous les piliers du vent, mâche...
Interroge le cri, le cri et son ombre. Dans les branches, au bord des falaises, sur la page. L'ombre du cri est blanche et nous empêche de nous éteindre. Dans l'intervalle entre la question et la réponse, l'odeur de l'herbe, celle des mots. Et l'indicible...
Dans la vasque brune où tourne l'eau du rite, s'émancipent les saisons. Nef entourée de rayons, emplie jusqu'au bord, de pluies battantes, d'herbes vives. Tu poses ta main contre le jour. Clapotis. Lente, s'éloigne la parole impérissable. L'une après...
Vernissage le jeudi 6 octobre à 19h au 32, rue Marceau à Nice de l'exposition regroupant les oeuvres de Annie Mifsud, Sophie Della Vecchia et Philippe Molino avec quelques textes à moi. Je serai présente sur le Festival du Livre de Mouans-Sartoux sur...
Le samedi 30 avril à 20h30, nous vous donnons rendez-vous chez Sylvie et Jean-Luc Garrigue, 112 Chemin de l'Adret, 06530 Cabris, pour une heure et quart de musique et de poésie. Pour réserver, si possible avant le 20 avril, appeler le 06 23 22 37 82 Entrée...
Ton regard éveille les traces, pollens déposés sur la page. Le mot est dru. Clairvoyant. Entre chaque phrase, des bribes d'été, l'odeur mouillée du soir, la chair jubilante du seringa. Au-delà de l'humus, au plus profond du ciel, elle s'ouvre au secret...
Vendredi 4 février à 18h30, au restaurant ''La Gabbia'' à Mouans-Sartoux, florilège de mes textes, accompagnés à la harpe par Emeline Chatelin pendant 50 minutes environ. Puis scène ouverte. Possibilité de boire un verre et ensuite de dîner tous ensemble....
Est-ce un murmure ? Est-ce l'étoile au fond du mur ? Sur l'esplanade des peaux vagissent les astres. L'audace d'un regard élude les ténèbres. Lâcher d'éclairs, de soupirs et de feuilles. Tapie dans mon corps, la forêt de signes palpite et verdoie. Au...
Tréfonds du voyage. S'empilent les heures, coussins de météores et d'algues pubescentes. Cartes postales échouées sous les piles du pont. L'eau stagne, boueuse jusqu'au vertige. Un petit garçon rêve de retrouver son père, des lignes sont écrites dans...
A la verticale du vertige, une scansion verte s'immisce, se déploie, brode le vide. La véhémence de son verbe fait vaciller les colonnes du ciel. Au fond de chaque son vibrent des tamaris, un saurien, la grand vergue de l'horizon. Volages, des virgules...
Elle est ce peu de neige que le jour défroisse. Elle étale ses branches, ses ogives, dispose ses signes. Ainsi elle jaillit, révélant et creusant. De feuille en feuille, que de pas accordés. Ne la retenez pas. Elle va jusqu'au bout de la page pour écrire...