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Pensées d'auteurs

Sera comblé celui pour qui l'espace ne sera pas dehors. Guillevic

Ton devoir réel est de sauver ton rêve. Amadéo Modigliani

J'en appelle à la beauté qui sera front d'espoir. Abdellatif Laabi

Lorsque je suis le plus profondément moi-même, je rejoins une communauté oubliée. Eugène Ionesco

L'histoire de notre vie fut aussi ce murmure furieux qu'on oublie à la croisée de l'arbre et du fleuve. Luis Mizon

L'innocence est plus forte que le mal. (?)

Je mangerai la terre et les racines, j'avancerai sur le ventre, lombric humain. J'ai une telle faim des éléments du simple. Daniel Biga

On ne naît pas homme, on le devient. Erasme

Pour maintenir à bout de bras cette contrée de nuit où le chemin se perd, à bout de forces, une parole nue. Jacques Dupin

Quel que soit ce que vous devez faire ou rêvez de faire, commencez-le... L'audace contient du génie, du pouvoir et de la magie. Goethe

J'ai voulu sortir pour voir ce qu'étaient devenus l'air et le ciel dès l'instant où un poète avait nommé un autre poète. Boris Pasternak à propos de Marina Tsvetäeva

Images aléatoires

Jeudi 12 novembre 2009
Je voulais simplement
marcher avec toi
dans le vent.

DEs puits d'amertume
ont poussé au désert,
des nappes de bitume
ont englouti la mer.

Je voulais simplement
marcher avec toi
dans le vent.

Des bouches vénéneuses
ont taillé les baisers,
lacéré la chair tendre
des poètes et des anges.

Je voulais simplement
marcher avec toi
dans le vent.

On a changé la pluie
en rideau de douleur,
exilé la candeur
à droite de l'enfer.

Je voulais simplement
marcher avec toi
dans le vent.

Mes veines ont  bleui
sous les assauts de fiel,
en elles ne court plus ni rêve, ni sang.

Tu es sourd à mes mains,
tu es sourd à mon chant.

Je voulais simplement
Par Brigitte Broc
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Dimanche 18 octobre 2009
J'ai su que toute parole
était recueillement
lorsque j'ai vu la danse des fleurs,
le corps des fruits,
le livre ouvert du feuillage.

Vert si proche
que mon regard s'embue de rosée,
vert ami
où s'enracine ma joie.

La foi brute est ce goût d'herbe
sur la langue,
et l'heure qui saignait
réapprend la souche du jour.

L'arbre écoute.
Tapi contre le coeur de l'oiseau.

L'arbre écoute.

La vie est là.
La parole est là.

J'esquisse une demeure
où poser sa faim, sa fatigue.

Avec du ciel dans les yeux
j'attends que revienne
la nudité première.

Instant de beauté crue.
Pour tout vivre sans fin.
Par Brigitte Broc
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Mardi 15 septembre 2009

A l'entrée de la chambre,
ne pas plier le ciel,
simplement cueillir quelques oiseaux
pour en faire une phrase.

Il y a de la salive
dans cette phrase d'air,
de la salive et des orchidées rouges
dans le geste d'amour.

La main se souvient
d'avoir été foudre
dans les reins de la femme.

La main marche à reculons
dans le dédale des spasmes,
et s'accroupit, comblée,
au plus chaud du silence.

Passent des voilures,
un peu de rosée,
ta bouche

qui ouvre et ferme la vague.

 

Les mots changent de couleur,

les regards changent de douleur.

S'exilent les murs,
et le mufle mouillé de la terre
gagne lentement nos sexes
et la haute mer.

Laisse la nuit se cacher
dans les herbes folles,
laisse la nuit déferler dans la maison.

Et n'oublie pas de convier
à la table de fête
son parfum charnu,
l'arrogance de ses grands gestes clairs.

Par Brigitte Broc
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Samedi 29 août 2009
Rien ne nous a préparés
à ce flamboiement.

Nous avions attendu
des paupières lourdes,
une bouche close,
des mots accablés.

Frémissement à l'orée.

Le gué franchi,
nous apprenons
la langue des âmes.

Vois,
le jour se resserre
sous l'auvent de nos bras.

Tout autour,
l'immensité,
prière inachevée.

Par Brigitte Broc
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Lundi 17 août 2009

Dans le galet meurtri de soleil
s'impatiente la houle.

Flux et reflux de mémoire
sillonnent l'instant.

Délivrée du fardeau
de la connaissance,
la vague berce le ciel
et la mère blessée
lèche ses aisselles salées,
s'évade de ses rives confinées.

Lentement
elle soulève le fond du fleuve,
dépouille son silence.

 

Tout commence à ce geste

qui vient de plus loin

que le temps.

 

Tout commence.

 

L'aube est en crue.

Par Brigitte Broc
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