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Pensées d'auteurs

Sera comblé celui pour qui l'espace ne sera pas dehors. Guillevic

Ton devoir réel est de sauver ton rêve. Amadéo Modigliani

J'en appelle à la beauté qui sera front d'espoir. Abdellatif Laabi

Lorsque je suis le plus profondément moi-même, je rejoins une communauté oubliée. Eugène Ionesco

L'histoire de notre vie fut aussi ce murmure furieux qu'on oublie à la croisée de l'arbre et du fleuve. Luis Mizon

L'innocence est plus forte que le mal. (?)

Je mangerai la terre et les racines, j'avancerai sur le ventre, lombric humain. J'ai une telle faim des éléments du simple. Daniel Biga

On ne naît pas homme, on le devient. Erasme

Pour maintenir à bout de bras cette contrée de nuit où le chemin se perd, à bout de forces, une parole nue. Jacques Dupin

Quel que soit ce que vous devez faire ou rêvez de faire, commencez-le... L'audace contient du génie, du pouvoir et de la magie. Goethe

J'ai voulu sortir pour voir ce qu'étaient devenus l'air et le ciel dès l'instant où un poète avait nommé un autre poète. Boris Pasternak à propos de Marina Tsvetäeva

Images aléatoires

Mardi 13 mai 2008
Désormais sur la page
nous habitons le même mot.
Lieu privilégié d'une seule respiration.

Le vent des cimes nous écoute
et aux confins du langage
la chair profonde nous unit.

Epelle la tendresse.

Je sais que tu as déjà
écrit mon visage,
déchiffré le ciel
posé sur mes paupières.

Lentement
s'entrebaîllent les phrases
les plus claires
et tu remues le grand corps des sources.

Dans ce tremblement
la lumière acquiesce à l'étreinte.

Il n'y a plus d'attente.

Pourtant, je n'ai rien dit.
Je me suis seulement dépouillée,
approchée au plus près
de cette odeur d'eau
que perpétue ta peau. 
par Brigitte Broc
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Samedi 3 mai 2008

A force de tanguer
dans le magma des phrases,
la main ne trace plus
que des gorges brûlantes.

Le vieux pays,
pourtant,
est assise confortable
à ceux tombés en vol.

Ses rues circulaires,
le bois profond de son haleine
retournent au bercail
qui est arbre et lucarne.

Les fables d'enfant
dégringolent du lit,
cherchent à désaltérer
la branche et sa mésange.

La déraison a un sens
qui dépareille les présences,
s'épanche, le soir,
en de vaines confidences.

Il existe le fleuve,
le désordre des corps,
tout ce qui rougeoie.

Lente inspiration
sur les chemins de crête :
pour dissoudre l'absence
et son goût de métal.

Alors
même le vent
ne nous disperse plus.

par Brigitte Broc
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Lundi 28 avril 2008
Sois rassuré

Le jour est proche
où tu seras traversé

Amplement
tes bras s'évaseront

Sourcier d'aurore
tu respireras
à pleines futaies
le pollen transparent

Tu reboiseras le ciel
de chants et d'algues frêles
et partageras ce pain
avec l'autre
qui avance
là-bas

Naîtront alors
près de l'ancien désert
gestes de pluie
ouverts sur l'horizon

Et  tu n'auras rien dit
des paroles de feu
par Brigitte Broc
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Dimanche 20 avril 2008

Gravée dans la nuit,
sa blessure est ouverte.
Aux murs d'ombre
elle a collé sa bouche.

Sa parole, en lambeaux,
a laissé aux orties
la pulpe des mots.

Assise sous un saule,
elle égrène ses peurs.
Ses mains, raides et nues,
ne savent plus prier.

Pourtant, au couchant,
une note a tremblé,
prête à crever la chair de l'opaque.

Les chemins ont pleuré
jusqu'à la transparence,
et sur la pente du jour
s'est levée sa saison,
ample et mouillée d'arômes.

par Brigitte Broc
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Mardi 8 avril 2008
Un jour, elle s'est blottie
sous la paille d'un mot.

Elle a reçu en plein visage
l'envol des collines
et leur floraison.

Depuis, elle tresse des joncs
dans l'obsédante clarté
de matins toujours neufs.

Elle rêve de s'ouvrir champ
pour raconter au vent
la nuque des cailloux,
la hauteur du silence.

Dans son regard
s'ancreraient les moissons,
et sur ses hanches
reposeraient les blés.

Il n'y aurait
plus de porte close
entre ses bras
et les mottes fragiles des voyelles.

Rien qu'un élan,
continu,
d'elle vers le ciel,
d'elle en labours.

Et l'envie de tanguer,
inlassable,
dans les mains de la brume.
par Brigitte Broc
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